Code Évangile : le vase de Bamberg

Ces vendeuses, à son humble avis, avaient la fâcheuse manie de quitter leur emploi sans préavis, et parfois même sans se donner la peine de récupérer leurs affaires personnelles dans leur chambre du premier étage.
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mardi 19 novembre

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Roman - Thriller

Code Évangile : le vase de Bamberg

Historique - Religieux - Ésotérique MAJ vendredi 14 novembre 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Paul Hornet
Paris : Le Cherche midi, octobre 2014
416 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-7491-4107-7
Coll. "Thriller"

Une belle révélation !

Plus d'un tiers de la population mondiale suit, à des degrés divers, la parole de Jésus, Dieu fait homme. Mais qui a entendu cette parole ? Comment s'exprimait- il ? Qu'a-t- il dit exactement en araméen, sa langue natale ? Paul Hornet imagine combler cette lacune, cette absence, dans une histoire au rythme enlevé où se déchaînent les passions, où la mort est omniprésente.

John Robert Enguerrand Quantius est galeriste de son état au Faubourg-Saint-Antoine. Que fait- il, alors, dans un coin sombre de la gare de triage de Nuremberg, à 2 h 40 ? Il est là pour récupérer un vase précieux. Il n'est pas seul sur les lieux. D'autres veulent s'en emparer également ou le détruire.
Pour comprendre la raison de cette insolite présence, il faut remonter le temps de quatre mois quand son mentor, le cardinal Cesare Di Lupo, sous-secrétaire d'État au Vatican, lui révèle la découverte extraordinaire qu'il a faite. La parole du Christ aurait été enregistrée sur un vase qu'un potier tournait en sa présence. Une équipe de spécialistes a réuni les moyens d'écoute et d'enregistrement de cette parole unique. Il charge Quantius, monte-en-l'air à ses heures, de ravir cette pièce en transit pour une exposition. Cependant, l'acquisition de matériels sophistiqués par le Vatican, les messages codés échangés pendant l'opération, ont attiré l'attention de services secrets. Les Américains envoient des agents, les Russes passent par l'intermédiaire de djihadistes musulmans, Israël délègue une bombe sexuelle.
Récupérer ce vase représente déjà une gageure, mais le ramener sans encombre jusqu'à Rome relève de la mission utopique avec une telle meute aux trousses, d'autant que ces adversaires sont déterminés et, pour certains, fanatisés.

Le titre de ce roman n'est pas spécialement engageant. Il laisse penser à la sempiternelle histoire du papyrus ou du rouleau révélant une indication remettant en cause les fondements des religions chrétiennes. C'est effectivement de cela qu'il s'agit, mais le point de départ, le développement de l'intrigue sont innovants.
Pour le côté classique de ce type de roman à connotation ésotérique, on retrouve un héros plein de ressources, des membres des grands services secrets en action dans le monde, l'implication du Vatican et une révélation mettant en péril les religions dites du Livre.
Pour le côté innovant, il faut citer un point de départ qui s'appuie sur une hypothèse de Georges Charpak, l'un des plus grands physiciens français. Celui-ci pense que nous vivons sur un continent sonore ignoré, parmi des objets qui ont tous une mémoire. Il faut juste trouver le moyen de les écouter. Les auteurs (la quatrième de couverture révèle que Paul Hornet cache un duo composé d'un écrivain et d'un journaliste) utilisent nombre de théories et de sujets relevant de la physique, de la philosophie, de la psychologie ou de la métaphysique. Ils appuient leur récit sur la parole, sa composition, sa compréhension par autrui. Ils détaillent le fonctionnement de la gent internationale de l'espionnage, le besoin de croyance des hommes, l'évolution des méthodes de surveillance, le remplacement progressif des hommes au profit de calculateurs capables d'analyser des milliards de données. Ils intègrent, pour renforcer le côté crédible de leur récit, des événements récents comme la renonciation inattendue de Benoît XVI, les révélations de Snowden...
Ils s'autorisent nombre de traits d'humour, tant dans le déroulement des actions que dans des échanges entre protagonistes, de réflexions sur notre société et son fonctionnement. Le récit est servi par un style vif, direct, et un vocabulaire relevé.
Ce roman à cependant un côté agaçant, "bling-bling", avec cette propension à citer, et vanter, pour chaque objet : voitures, accessoires, vêtements, des marques prestigieuses. Est-ce le revers de la médaille, la contrepartie de la précision, de l'approfondissement des sujets ?
Cette petite restriction ne doit pas masquer tout l'intérêt du roman, l'intrigue menée avec brio à partir de données physiques novatrices, la galerie de personnages qui comprend quelques beaux profils, et la richesse des apports techniques, des informations et trouvailles de toutes natures.

Citation

La seule chose qui me différencie d'un escroc, c'est que je suis inscrit au registre du commerce.

Rédacteur: Serge Perraud jeudi 13 novembre 2014
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