Les Neuf cercles

Nous avons dépassé l'Angleterre pour la production de charbon et d'acier, et nos scientifiques ont une longueur d'avance dans les domaines des produits chimiques et de l'électricité. Nous produisons la moitié du matériel électrique du monde. Et notre culture est supérieure en ce qui concerne la musique, la poésie et la philosophie.
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Contenu

Roman - Thriller

Les Neuf cercles

Ethnologique - Énigme - Disparition - Guerre MAJ vendredi 14 novembre 2014

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Roger Jon Ellory
The Devil And The River - 2013
Traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau
Paris : Sonatine, octobre 2014
574 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-35584-269-6

Univers virtuel

Le Britannique Roger Jon Ellory est peut-être l'équivalent littéraire d'un Quentin Tarantino. Non pas à cause de la violence, mais parce que comme l'univers de Tarantino est référentiel au point de se dérouler dans un espace purement filmique, sans aucune connexion directe avec la réalité (au point de repomper plan pour plan vingt minutes de Point Limite zéro à la fin de Boulevard de la mort), celui d'Ellory se déroule entièrement dans un paysage de fiction : ce qu'on appelle Americana, vision idéalisée d'une Amérique de carte postale purement fantasmée. Dans ce contexte, comment s'étonner que, dans Seul le silence, il décrivait un Sud profond sans un seul Noir, comme on le lui a assez reproché ? Faux procès donc, puisque son paysage littéraire est nourri de tout ce qui plaît tant aux salons germanopratins qui trouvent le quart monde SIIIIIIIII pittoresque-ma-chêêêre du moment qu'il est à un océan de distance. Dans le cas présent, Roger Jon Ellory se rapprocherait dangereusement de ce roman "naturaliste" et "contemplatif" qui plaît tant aux germanopratins précités (ces qualificatifs se résumant par "surtout qu'il ne se passe rien, c'est vulgaîîîre", la qualité du bouquin étant proportionnelle à l'ennui qu'il engendre et sa conformité à la vision fantasmée de l'Americana). Le meurtre d'une jeune fille vieux de vingt ans, un cadavre conservé dans la boue et un serpent se mordant la queue à la place du cœur : à partir de là se déroule une enquête permettant surtout d'offrir une vision d'un Sud déglingué à la Erskine Caldwell, avec des dialogues très écrits (parce qu'on est pauvre, mais on est digne) et donc bien peu réalistes (mais, on l'a dit, ce n'est pas le but du jeu), et ses personnages emblématiques westerniens. Le tout mené par un shérif vétéran du Vietnam, ce qui permet des considérations interminables sur le thème "la guerre c'est bien triste" qu'on a déjà lues cent fois. Bref, il est net qu'Ellory se regarde écrire... Alors bien sûr, pour parfaire le tableau, rien ne vaut une bonne petite métaphore sociale de la famille-riche-tenant-la-région-sous-sa-coupe, etc., etc., et un soupçon de question raciale. Servez réchauffé ? Même pas ! Seul le talent de l'auteur sauve ce gros pavé (cinq cent soixante-dix pages bien tassées) de l'ennui avec une écriture frôlant souvent la prétention (le fantasme du "grand roman américain" ?), excellemment rendue par la traduction. Pas de doutes, Roger Jon Ellory connaît son public, et ceux qui veulent leur dose de fantasmes américanoïaques trouveront un tableau auquel il ne manque pas un bouton de culotte, prêt à être encensé dans les gazettes et les salons où l'on cause. Pour la fraîcheur et l'inventivité, on repassera...

Citation

Accepter d'aller à la guerre ne signifiait pas que vous aviez tort. C'était accepter d'y rester qui constituait une faute.

Rédacteur: Thomas Bauduret vendredi 14 novembre 2014
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