Le Duel

C'était soudain une nuit dont il fallait se méfier, se refermant sur le véhicule comme une fermeture Éclair sur un macchabée au fond d'une morgue obscure. Tous les endroits du monde possèdent leur propre nuit. Celle qui se diluait dans les phares de la voiture était féroce.
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Livre sonore - Policier

Le Duel

Géopolitique - Assassinat - Crépusculaire MAJ samedi 20 décembre 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Arnaldur Indridason
Einvigid - 2011
Jean-Marc Delhausse (lecteur)
Traduit de l'islandais par Éric Boury
Paris : Audiolib, avril 2014
1 CD MP3 19 x 14 cm
ISBN 978-2-35641-716-9
Extrait audio :


Échec et pat...

Reykjavik, 1972. Championnat du monde d'échec, Fischer contre Spassky. Bobby Fisher plus cabotin, plus capricieux que jamais. En guise d'ouverture, l'assassinat d'un homme, jeune, dans une salle de cinéma. Marion Briem est chargé de l'enquête. Homme, femme, on ne saura jamais vraiment qui est ce personnage douloureux, dont l'histoire va devenir centrale dans le roman. Enfant tuberculeux, foudroyé jadis par la rencontre d'une jeune fille atteinte du même mal. Les duels se multiplient, à la confrontation de soi à soi (Briem), récursive et sans horizon. Se découple l'affrontement Est-Ouest dans sa dimension paranoïaque propre aux années 1970. Et ce duel d'échec, littéralement pour ce qu'il en est de l'échec, avec Fischer pour icône du monde dit libre. Pitoyable. Infantile. Marion Briem s'enfonce donc dans sa douleur, la couve et s'en délecte. Tuberculeux, c'est moins la Montagne magique de Thomas Mann qu'il nous offre, qu'un morceau d'égotisme ficelé des privations languies. Ultime confrontation, celle de Briem à Erlendur qui apparaît comme dans un coin du miroir romanesque, épié, épiant Briem. Une relation en miroir brisé, un duel sans confrontation en somme. Clos sur lui-même. Donné ici dans une lecture très noire, presque didactique, épelant ce dont Briem est incapable d'être le nom. Une lecture inaugurée pourtant d'un ton un brin sautillant. Avant que le ton ne se fasse de plus accablé, étouffant, comme recouvert de ce trop-plein de soi qui étouffe le récit sous la conjoncture de Briem – une mathématique, puisque les échecs irriguent le récit, du vide, n'épuisant pas la question de l'être mais en formalisant l'inconsistance : avec l'être de Briem, on n'a rien, malgré ses qualités sensibles... et cela pèse, et trouble, ouvrant à la série désormais un horizon désespérant.

NdR - 1 CD MP3, 9 h 28 d'écoute.

Citation

La salle s'illumina tout à fait. Ce n'est qu'à ce moment qu'il remarqua la flaque de sang sur le sol.

Rédacteur: Joël Jégouzo vendredi 05 décembre 2014
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