Un doux parfum de mort

Avec les années on s'habitue, et il vaut mieux, car les hommes entre eux ne sont pas meilleurs que les bêtes, surtout ne pas croire, ne pas espérer qu'ils viendront aider le plus faible quand ils attendent de lui enfoncer la tête pour le noyer plus sûrement.
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Roman - Noir

Un doux parfum de mort

Humoristique - Social MAJ mardi 05 janvier 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 6,5 €

Guillermo Arriaga
Un dulce olor de muerte - 1994
Traduit de l'espagnol (Mexique) par François Gaudry
Paris : Points, janvier 2008
202 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-7578-0646-3
Coll. "Roman noir", 1836

Luxe, calme et volupté... ou tout le contraire !

Il fait chaud. Il fait même très chaud dans ce village du Mexique. Ça sent la transpiration des hommes et la sueur des animaux, ça sent aussi la bière et souvent la solitude. Ça sent l'ennui. L'ennui des femmes et celles des enfants, surexcités de trouver le cadavre d'une jeune femme allongée nue dans un champ de sorgho. Comment les en blâmer : quoi de mieux pour sortir de l'ordinaire ?
Ramón, un jeune épicier, est l'un des premiers à se rendre sur place et reconnaît celle qu'il aimait en secret. C'est tout au moins ce dont il tente de se persuader. En tout cas, c'est le premier corps de femme qu'il entrevoit et prend dans ses bras. Si bien que tout le monde finit par penser que c'est sa petite amie qui vient d'être assassinée.
Il faut trouver le coupable. Se met en place le jeu des rumeurs et des hommes qui ont vu quelque chose. Ceux que l'on écoute jamais, ceux qui en ont franchement marre qu'on ne les écoute jamais. Alors forcément, une occasion comme celle-là, ça ne se manque pas. Bien sûr qu'on a vu un homme, bien sûr qu'on sait qui c'est. Le Gitan, pardi ! En plus, ça tombe bien, il n'est pas vraiment du village.
Il est évident que la police ne s'en occupera pas. D'ailleurs, si l'ennui n'avait pas envahi le village depuis des lustres, il est probable que personne ne s'en serait occupé de ce cadavre. Parce qu'il faut bien le dire : la jeune fille n'était pas non plus tout à fait d'ici, elle faisait partie d'une famille de "nouveaux" et personne ne l'avait jamais vue, ou presque. Mais il faut la venger, la pauvre. C'est une question d'honneur quand même, non ? Mais qui pour la venger ? Le mieux, ça serait que ça soit son petit ami (qui n'est plus du tout sûr de l'être) qui le fasse. S'il ne veut pas passer pour un lâche, Ramón se voit donc "condamné à vivre comme réel ce passé imaginaire". Si le Gitan a la peau dure, il ne sait pas qu'aux yeux de tous, il est coupable... Ce qui constitue pour Ramón un avantage non négligeable...

Arriaga nous régale encore une fois avec ce livre à l'humour très noir. Au détour de scènes particulièrement réussies, il installe tranquillement un système implacable. Ses personnages se retrouvent tous prisonniers des non-dits, enfermés dans des rôles qui, faute de leur convenir, leur colle trop à la peau pour qu'ils envisagent de s'en débarrasser.


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Citation

Ils durent trancher entre la perspective de passer la nuit à inventer des prétextes absurdes et celle d'aller à Loma Grande pour y accomplir leur devoir, le plus discrètement possible afin de ne pas s'impliquer dans la trame du crime.

Rédacteur: Gilles Marchand mercredi 29 juillet 2009
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