Dieux de la pluie

Son crime avait été expié depuis longtemps.
Henning Mankell - Le Retour du professeur de danse
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Lovecraft Country
"Encore un machin lovecraftien", me suis-je dit in petto. Il est vrai que je suis un grand fan du maître ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

lundi 21 septembre

Contenu

Roman - Noir

Dieux de la pluie

Religieux - Tueur à gages - Drogue MAJ lundi 02 février 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

James Lee Burke
Rain Gods - 2009
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Christophe Mercier
Paris : Rivages, janvier 2015
522 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-7436-2944-1
Coll. "Thriller"

Actualités

  • 28/03 Librairie: Coups de cœur du mois pour... frissonner de la librairie Garin (73)
    La cité savoyarde de Chambéry est également un carrefour littéraire qui héberge en son sein la Librairie Garin depuis 1948. Au fil des années, des développements intra et extracommunautaires et des passations de pouvoir, la librairie a évolué gagnant son label des librairies indépendantes. L'histoire retiendra qu'en 2011 la librairie a été le lieu du tournage de l'une des scènes du film Associés contre le crime, réalisé par Pascal Thomas avec André Dussolier et Catherine Frot. Motivés, les libraires ont également lancé en 2012 le Prix Garin des collèges (onze collèges et trois cents collégiens). Et chaque mois, la librairie dévoile des coups de cœur thématiques. Ce mois-ci, elle vous propose de frissonner en compagnie de quatorze titres plutôt cohérents. Mais Maxime Chattam fait figure de trublion dans une liste où les auteurs de polar, roman noir et social ont le vent en poupe. Il y a du très présent et du légèrement passé. Nombre des titres ont été chroniqués en nos pages. D'autres le seront très prochainement. Vous pouvez y jeter un œil. Et puis si vous êtes de passage à Chambéry, arrêtez-vous Boulevard du Théâtre...

    Coups de cœur du mois pour... frissonner de la librairie Garin :
    - Six fourmis blanches, de Sandrine Collette (Denoël, "Sueurs froides") ;
    - Toutes les vagues de l'océan, de Victór Del Árbol (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - Que ta volonté soit faite, de Maxime Chattam (Albin Michel, "Thriller") ;
    - Tous les démons sont ici, de Craig Johnson (Gallmesiter, "Noir") ;
    - L'Archange du chaos, de Dominique Sylvain (Viviane Hamy, "Chemins nocturnes") ;
    - Dieux de la pluie, de James Lee Burke (Rivages, "Thriller") ;
    - Yeruldelgger, de Ian Manook (Albin Michel) ;
    - Pièges et sacrifices, de Roger Smith (Calmann-Lévy, "Robert Pépin présente...")
    - Au fer rouge, de Marin Ledun (Ombres noires) ;
    - L'Île du serment, de Peter May (Le Rouergue, Rouergue noir") ;
    - W3. 2, Le Mal par le mal, de Jérôme Camut & Nathalie Hug (Télémaque, "Thriller") ;
    - L'Effet papillon, de Jussi Adler-Olsen (Albin Michel) ;
    - Terminus Belz, d'Emmanuel Grand (Points) ;
    - Incurables, de Lars Kepler (Actes Sud, "Babel noir).

    Librairie Garin :
    Boulevard du Théâtre
    73000 Chambéry
    Tél. : 04.79.33.53.64
    Liens : Six fourmis blanches |Toutes les vagues de l'océan |Yeruldegger |Pièges et sacrifices |Terminus Belz |Incurables |W3, le Mal par le mal |Tous les démons sont ici |L'Île du serment |Maxime Chattam |Craig Johnson |Dominique Sylvain |James Lee Burke |Ian Manook |Marin Ledun |Peter May |Jussi Adler-Olsen |Jérôme Camut |Emmanuel Grand |Lars Kepler

  • 16/01 Édition: Parutions de la semaine - 16 janvier

Dans la peau du tueur

Souvent, l'on dit que plus le méchant est réussi, plus le roman policier est puissant. Ce slogan ne s'avère pas toujours exact mais force est de constater que c'est le cas avec ce nouveau roman de James Lee Burke. À côté de sa série fétiche, l'écrivain américain a entamé une deuxième série autour de Dave Holland, un ancien policier devenu avocat. Il renoue ici avec Hackberry Holland, apparenté au précédent, un personnage oublié depuis des années, shérif vieillissant, revenu meurtri de la guerre de Corée, et qui tente de vivre avec son code moral dans un monde qui bouge si vite qu'il en devient incompréhensible.
Tout commence avec un fait divers violent et sordide : des truands ont décidé de doubler un dealer local qui fait parvenir la drogue en utilisant des clandestines qu'il "nourrit" de drogue. Les truands ont simplement coincé neuf mules, les ont abattues et enterrées derrière une église en attendant que la décomposition leur permette de récupérer les doses de drogue... Mais l'un des truands, vétéran de la guerre d'Irak, n'a pas supporté l'affaire et a appelé la police.
Dieux de la pluie joue donc sur différents fils narratifs : le policier qui essaie de reconstituer les morceaux de son affaire, les différents gangs qui commencent une guerre, un tueur à gages chargé de faire le ménage et le traitre qui tente de s'en sortir et qui est amoureux d'une chanteuse. L'enchevêtrement de ces fils narratifs constitue une trame où de gros nœuds se forment. Ces gros nœuds sont captivants mais l'un d'eux fait pelote et attire plus particulièrement l'attention.
Le tueur qui se trouve au centre de l'histoire, est l'une des figures les plus frappantes qui aient été décrites : visiblement fou, empreint de religiosité et d'un code de valeurs qui le rend capable de la plus extrême brutalité en même temps que d'une bonhommie sans fin, "Le Prêcheur" est un être ambivalent rendu avec force. Par petites touches, on découvre ses relations tendues avec sa mère (et la fin étrange de celle-ci), son sens des valeurs, son besoin de créer son successeur en lui offrant une culture qui oscille entre la relation du maître et du disciple zen, et des variations à la Quentin Tarantino (longues dissertations philosophico-poético-mystiques), le tout en vivant dans une cabane perdue en montagne, à proximité d'une grotte où se prélassent des serpents venimeux. Malgré ce côté descriptif qui pourrait prêter à sourire, voire crier au stéréotype, le personnage est présenté dans sa complexité, mélange d'arrogance crasse et de bonne volonté religieuse intense, capable de pencher d'un côté comme de l'autre, comme un enfant qui fait ses premiers pas et que l'on regarde avec anxiété pour voir s'il va tomber ou pas. Son ombre portée est rendue avec un tel soin que les pages qui présentent les autres protagonistes en paraissent plus fades - même si elles sont de bonne facture -, ne servent que de contrepoints lumineux. Les autres personnages veulent s'en sortir même s'il faut transiger avec le monde, alors que le tueur est droit dans ses bottes et son honneur.
Plus que l'intrigue, assez classique, ce sont les démêlées des personnages, leur description acérée, qui font tout le sel de cet ouvrage de James Lee Burke, un ouvrage qui montre combien il sait conter une histoire et rendre vivants des humains.

Citation

Dans son sommeil, l'homme entendait toujours des clairons dans les collines, et leur écho était aussi froid que des balles qui résonnent sur la pierre.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 17 novembre 2016
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page