Celle qui a tous les dons

Il n'ose soutenir le regard de l'homme qui le réprimande, s'attarde si peu sur lui qu'il ne retient qu'un détail de son visage, une fine moustache ciselée en ligne au-dessus de la lèvre. Un homme défini par un seul détail, la moustache ; une seule attitude, la colère. Il n'en faut pas plus pour exister.
Frédéric Jaccaud - Hécate
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mardi 26 mars

Contenu

Roman - Thriller

Celle qui a tous les dons

Fantastique - Horreur-gore - Apocalyptique MAJ vendredi 06 février 2015

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

Mike Carey
The Girl With All the Gifts - 2013
Traduit de l'anglais par Nathalie Mège
Nantes : L'Atalante, octobre 2014
448 p. ; 20 x 15 cm
ISBN 978-2-84172-685-1
Coll. "La Dentelle du cygne"

Après la bataille ?

Vingt ans après la catastrophe, au milieu d'une Angleterre dévastée, se dresse une école bien particulière : les enfants y sont constamment attachés, même en cours, ne mangent et ne passent à la douche que le dimanche et sont sous surveillance constante de militaires. Parfois, on en prend un pour l'emmener dans le laboratoire du docteur Caldwell, et il n'en revient jamais...
Alors que l'on commençait à être dégoûté des palanquées de récits de vampires choupinets, a déferlé une invasions de zombis cinématographiques (n'importe quel individu ayant reçu une caméra divx pour Noël semble aujourd'hui vouloir tourner son film de zombies) et littéraires soudain devenus du dernier chic... L'ennui, c'est que si on le prend selon le folklore établi par Romero, comme Bram Stoker a codifié celui du vampire (et c'est dommage, l'image d'origine du zombie en tant que travailleur docile ramené d'entre les morts serait sujette à bien des explorations métaphoriques actuelles, mais c'est une autre histoire), le zombie est nettement moins riche : débarrassé des côtés socio-politiques de Romero, il n'est jamais qu'une masse de chair en mouvement, métaphore nihiliste en diable de masses aveugles vous ensevelissant tout simplement sous leur nombre. Le zombie représente la mort, le vampire la sexualité, et inutile de dire laquelle des deux est la plus riche en possibilités... Dans ce roman, après une vision de départ saisissante, on se retrouve en terrain connu : l'idée de ce centre d'études pour zombies humanisés vient tout droit du Jour des morts-vivants (soit il y a plus de vingt ans...), les zombies, pardon, "affams" infectés, sont une variante introduite par 28 jours plus tard, et même l'idée du point de vue d'un mort-vivant conscient a déjà été exploitée, ne serait-ce que dans l'impressionnant début du Vivants d'Isaac Marion. Alors, on retrouve toutes les figures imposées du genre, l'assaut sur le centre, la fuite, la lutte pour la survie, etc. Et ce jusqu'à un happy end un peu forcé, mais où l'explication scientifique de l'infection (rangeant donc le roman dans le domaine de la science-fiction, pour les puristes) tient à peu près debout. Le tout dans une ambiance si cinématographique qui fait que l'on ne s'étonne pas que le roman soit en cours d'adaptation (c'est étudié pour). L'ennui, c'est que s'il n'apporte rien de bien nouveau, en dehors d'un début glaçant, ce roman est certainement mieux fait, mieux écrit (dans une traduction irréprochable), mieux pensé que la majorité des titres de pure exploitation qui l'ont précédé, avec quelques passages réellement prenants. D'où le dilemme : lorsqu'un genre a été tiré vers le bas, la lassitude risque de déprécier un représentant de ce même genre, fût-il meilleur que ce qui a créé ladite lassitude. Quelqu'un n'ayant jamais lu un récit de zombies (ou les accros du genre) y trouvera certainement son bonheur, mais quid du reste ? Au lecteur de décider...

Citation

Melanie a déjà songé à la grande exception concernant la fameuse règle qui veut qu'on ait un père et une mère : Pandore, qui était sans famille, parce que Zeus s'était contenté de la modeler dans l'argile. Melanie trouve que ce serait préférable, par certains côtés, que d'avoir des parents qu'on n'a pas eu le droit de rencontrer. Le spectre de l'absence des siens plane au-dessus d'elle, la gêne.

Rédacteur: Thomas Bauduret mercredi 04 février 2015
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page