Six fourmis blanches

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Roman - Thriller

Six fourmis blanches

Écologique - Ésotérique MAJ jeudi 26 février 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,9 €

Sandrine Collette
Paris : Denoël, janvier 2015
276 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-207-12436-9
Coll. "Sueurs froides"

Actualités

  • 29/05 Édition: Parutions de la semaine - 29 mai
  • 09/04 Prix littéraire: Dernière sélection du Prix Maison de la presse 2015
  • 28/03 Librairie: Coups de cœur du mois pour... frissonner de la librairie Garin (73)
  • 17/03 Prix littéraire: Sélection 2015 du Prix Maisons de la presse
    On ne le dirait pas, mais c'est déjà la quarante-cinquième édition du prix décerné par le réseau Maison de la presse, prix généraliste s'il en est. La présélection de quinze ouvrages a été dévoilée ce mardi 17 mars. Parmi les romans pour concourir, il s'en trouve évidemment quelques uns de très k-librés pour des raisons diverses et variées. Si Sandrine Collette et ses Six fourmis blanches fait office de "polardeuse" affirmée (elle est éditée dans la collection "Sueurs froides" chez Denoël), et Jacques Expert de maître du thriller avec ses Deux gouttes d'eau (Sonatine), il y a nombre d'auteurs sélectionnés qui écrivent ou ont écrit des romans noirs, sombres, sociaux et policiers à l'instar de Laurent Gaudé, Daniel Piccouly, Fabienne Juhel et Patrick Bard. Lauréate en 2006 pour Les Yeux jaunes du crocodile (Albin Michel), la romancière Katherine Pancol est la présidente du prix. Les jurés devront décider qui succèdera à François d'Épenoux (Le Réveil du cœur, Anne Carrière) le 20 mai prochain. La remise du prix se fera ce jour-là à partir de 18 h 30 au Centre national du livre de Paris.

    Sélection du Prix Maison de la presse 2015 :
    - Danser les ombres, de Laurent Gaudé (Actes Sud) ;
    - Le Cri muet, de Daniel Piccouly (Albin Michel) ;
    - Six fourmis blanches, de Sandrine Collette (Denoël) ;
    - La Surface de réparation, d'Alain Gillot (Flammarion) ;
    - Évariste, de François-Henri Désérable (Gallimard) ;
    - Big Daddy, de Chahdortt Djavann (Grasset) ;
    - La Part des ombres, de Gaëlle Nohant (Héloïse d'Ormesson) ;
    - Pardonnable, impardonnable, de Valérie Tong Cuong (Jean-Claude Lattès) ;
    - Zelda Zonk, de Laurence Peyrin (Kero) ;
    - La Vie est facile, ne t'inquiète pas, d'Agnès Martin-Lugand (Michel Lafon) ;
    - La Promesse, de Jean-Guy Soumy (Robert Laffont) ;
    - La Chaise numéro 14, de Fabienne Juhel (Le Rouergue) ;
    - Poussières d'exil, de Patrick Bard (Le Seuil) ;
    - Deux gouttes d'eau, de Jacques Expert (Sonatine) ;
    - Au moins il ne pleut pas, de Paula Jacques (Stock).
    Liens : Fabienne Juhel |Patrick Bard |Laurent Gaudé

  • 01/03 Librairie: Mollat polar #5 pour Sandrine Collette (33)

Candide, pur et purifié

Les fourmis du titre ne sont pas de réelles fourmis, mais elles pourraient symboliser la petitesse de l'homme face à l'immensité de la nature. Tout commence par un groupe de six alpinistes qui testent une nouvelle voie pour de futures randonnées touristiques. Le récit s'ouvre par une communion avec la nature, avec le désir de contempler de splendides paysages mais c'est compter sans la neige, la tempête et la perte des repères qui font s'enfoncer le groupe au cœur du chaos blanc et glacé.
En parallèle, nous suivons la vie d'une petite communauté vivant dans ces contreforts montagneux. Dirigés de loin par un vieil homme qui tient plus du parrain s'appuyant sur des gros bras que sur un patriarche sage et vénérable, ces petits villages et hameaux reculés sont eux aussi restés en contact avec la nature : activités agricoles, rythme soumis à celui des saisons. Seul Mathias est un peu à l'écart. Mathias, le dernier des sacrificateurs. Sacrificateur ? Oui, car dans ce monde resté aux frontières du monde, l'on vénère encore des puissances ancestrales et chaque acte qui sort un peu du quotidien doit être sanctifié par un sacrifice, celui d'une chèvre emmenée dans les montagnes, puis jetée en offrandes aux dieux tutélaires. Mathias est le dernier rejeton d'une famille capable d'exercer ce métier, mais il n'a pas d'héritiers, son dernier sacrifice a été long et a semé le trouble dans la communauté. Alors le parrain lui adjoint l'un de ses neveux qui semble avoir, lui aussi, reçu le don. Entre Mathias et son disciple, le courant ne passe pas, ne serait-ce que parce que l'élève semble éprouver des plaisirs coupables lors des sacrifices.
Six fourmis blanches, comme les précédents textes de Sandrine Collette est un roman âpre et rude, ici réduit à une dimension tragique : la lutte d'hommes contre les éléments et la fuite d'un autre, poursuivi par les siens. Le texte se déroule de manière implacable en deux intrigues parallèles qui se rejoignent. À la fureur des éléments, d'une nature finalement indifférente aux drames que vivent de simples gens, répond la folie humaine. Le style parvient à rendre cette atmosphère de rituels pesants, de société archaïque, de liens privilégiés avec les forces obscures, dans la description de Mathias, dernier chaman occidental, comme dans la légèreté de la vie moderne, de ces civilisés européens qui croient simplement se livrer à une sortie loisirs un peu sportive alors qu'en fait ils défient des puissances qui les dépassent.
Là où nous croyons avoir dépassé la fin de l'histoire, où nous pensions que la paix généralisée allait naître après la chute du mur de Berlin, la réalité des ambitions, des monstruosités du monde et des humains, la force des éléments naturels nous rappellent à notre bien pénible condition. Daech et les tsunamis restent tapis derrière nos écrans high-tech comme la soif de meurtres est cachée chez le disciple de Mathias, comme la mort, enneigé vivant au fond d'une crevasse, sourd dans toute promenade alpine.


On en parle : Lire n°434 |Carnet de la Noir'Rôde n°55

Citation

Pourtant le silence et le vide sont nos meilleurs alliés, car toute autre chose se remarque, un oiseau dans le ciel par exemple, du sang sur la neige.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 23 février 2015
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