Adieu Lili Marleen

C'était un garçon de vingt-cinq à vingt-six ans, presque imberbe, pâle, avec la lèvre rouge et d'abondants cheveux noirs ondés. Il était un peu petit, mais bien pris, et ses moindres mouvements trahissaient une vigueur peu commune. En lui, d'ailleurs, rien de remarquable, sinon l'œil, qui selon sa volonté, étincelait ou s'éteignait comme le feu d'un phare à éclipses, et le nez, dont les ailes larges et charnues avaient une surprenante mobilité.
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Contenu

Roman - Noir

Adieu Lili Marleen

Historique - Musique - Chantage - Complot MAJ jeudi 12 mars 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

3e Symphonie en Reich mineur

Christian Roux vient d'écrire avec Adieu Lili Marleen un roman musical sur la musique, qui aborde de nombreux thèmes. L'auteur mêle petite et grande histoire, et insère des correspondances témoins d'une Allemagne qui sombre dans le nazisme et qui tue méthodiquement toute forme de culture. Mais son intrigue est contemporaine et des plus classiques. Dans Paris, Julien est un pianiste de bar qui vient de sortir de prison. Le lecteur apprendra très vite les raisons du pourquoi sur fond de passion du jeu, de drogue et de prêt d'argent. La monotonie de sa vie est bercée par trois personnes : Jean-Marc, le gérant du restaurant dans lequel il joue, Magali de Winter, une vieille dame qui lui demande de jouer "Lili Marleen" et qui laisse de généreux pourboires, et enfin Anna, une pute de luxe qui lui loue un appartement mitoyen du sien, et dont il est amoureux fou sans au début se l'admettre. Tout ce bel univers éclate lorsque Kamel refait surface. Kamel, c'est le mauvais gars de la cité qui lui a prêté de l'argent et qui entend récupérer sa mise au centuple. Un type pas facile aux manières expéditives. Julien se retrouve à jouer les pianistes sur le yacht d'un milliardaire russe pour des fils de magnats allemands sur un Steinway & Sons 1916. Là, il retrouve l'accordeur et... Magali de Winter. De ces retrouvailles découleront trois meurtres, un suicide, des embrouilles ainsi qu'une longue quête. Christian Roux s'est beaucoup documenté avant d'écrire son ouvrage au point de conseiller la lecture des Voies étouffées du troisième Reich, Enartete Musik, d'Amaury du Closel (Actes Sud). Et la partie historique de son intrigue (avec un foisonnement de noms et de faits) incite à ce genre de lecture. Après, les affres de son héros sont assez classiques, mais la construction est intelligente et maîtrisée. Il réussit à instiller le doute chez son lecteur et chez son protagoniste. Surtout, les ingrédients sont réunis pour une belle aventure humaine contemporaine - avec un brin de misérabilisme puis de révolte chez ce Julien auquel on a envie de dire pas mal de choses. L'aspect simpliste de la prostituée que l'on entend sauver est éludé par un monologue acerbe et pourtant pragmatique d'Anna. Pour Julien, l'acceptation de son sort passera par la compréhension d'une machination à laquelle il a été intégré contre son gré. Christian Roux renoue avec la veine romanesque de ses débuts. Il est passé chez Rivages en grand format. À la lecture de cet Adieu Lili Marleen, on comprend mieux pourquoi.

Nominations :
Prix Polar Michel Lebrun 2015

Citation

Les enfants des bourreaux sont-ils comptables des saloperies commises par leurs pères ?
S'ils en acceptent les bénéfices, oui. Je n'ai aucun doute sur cette question. Inclure la notion de responsabilité morale dans les héritages reçus me semblerait assez juste.

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 11 mars 2015
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