Trait bleu

De Gaby Mornet, il ne resterait rien d'autre que le souvenir d'un homme qui, sa vie durant, n'avait fait que passer, sur la pointe des pieds, quêtant désespérément une sorte de reconnaissance qui jamais n'était venue et jamais n'aurait pu venir. Jamais.
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vendredi 23 août

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Roman - Noir

Trait bleu

Ethnologique - Pastiche - Braquage/Cambriolage - Gang MAJ vendredi 03 avril 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17 €

Jacques Bablon
Paris : Jigal, février 2015
152 p. ; 20 x 13 cm
ISBN 979-10-92016-31-4
Coll. "Polar"

Actualités

  • 25/06 Prix littéraire: Sélections 2015 des GPLP
    La liste officielle des GPLP vient tout juste d'être dévoilée. Fortes de onze romans francophones et de dix-sept étrangers, ces sélections sont marquées sous le sceau des éditions Rivages, Actes Sud, Le Seuil et Gallimard. On repère ci et là quelques perles venues d'ailleurs, et l'on se demande d'ailleurs si elle ne servent pas d'alibi. C'est ainsi que l'on peut joyeusement s'étonner de retrouver le romancier stylé suisse Joseph Incardona pour un petit ouvrage aux éditions Finitude. Étrangement, on ne voit pas comment la palme étrangère pourrait ne pas revenir au Perfidia de James Ellroy, mais quand on débusque le dernier mauvais opus de Don Winslow, on se dit aussi que tous les (dés)espoirs sont permis. Il est dommage que l'un des prix les plus ancestraux et respectés n'offre pas de choix plus osé et opte pour un classicisme forcené. Rendez-vous le 23 septembre afin de connaître les noms des deux lauréats.

    Sélection 2014 du Grand prix de la littérature policière - roman français :
    - Trait bleu, de Jacques Bablon (Jigal, "Polar") ;
    - Une valse pour rien, de Catherine Bessonart (L'Aube, "L'Aube noire") ;
    - Les Initiés, de Thomas Bronnec (Gallimard, "Série Noire") ;
    - Personne n'en saura rien, de Sylvie Granotier (Albin Michel, "Spécial suspense") ;
    - Derrière les panneaux il y a des hommes, de Joseph Incardona (Finitude) ;
    - Hors la nuit, de Sylvain Kermici (Gallimard, "Série Noire")
    - Au fer rouge, de Marin Ledun (Ombres noires) ;
    - Trabadja, de Jean-Paul Nozière (Rivages, "Noir") ;
    - L'Alignement des équinoxes, de Sébastien Raizer (Gallimard, "Série Noire") ;
    - Adieu Lili Marleen, de Christian Roux (Rivages, "thriller") ;
    - Des forêts et des âmes, de Éléna Piacentini (Au-delà du raisonnable).

    Sélection 2014 du Grand prix de la littérature policière - roman étranger :
    - La Vérité et autres mensonges, de Sascha Arango (Albin Michel, "Les Grandes traductions") ;
    - Toutes les vagues de l'océan, de Victor del Árbol (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - À mains nues, de Paola Barbato (Denoël, "Sueurs froides") ;
    - Trame de sang, de William Bayer (Rivages, "Thriller") ;
    - Perfidia, de James Ellroy (Rivages, "Thriller") ;
    - Jackpot, de George Dawes Green (Le Livre de poche) ;
    - L'Enfer de Church Street, de Jake Hinkson (Gallmeister, "Neonoir") ;
    - Ne reste que la violence, de Malcom MacKay (Liana Levi, "Policier") ;
    - Le Moineau rouge, de Jason Matthews (Le Cherche midi, "Thriller") ;
    - Les Assassins de la 5e B, de Kanae Minato (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - Ratlines, de Stuart Neville (Rivages, "Thriller") ;
    - Linda, de Leif G. W. Persson (Rivages, "Thriller") ;
    - Le Bourreau de Gaudí, de Aro Sáinz de la Maza (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - Finsterau, d'Andrea Maria Schenkel (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - Retour à Watersbridge, de James Scott (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - Missing: New York, de Don Winslow (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - Dernier meurtre avant la fin du monde, de Ben H. Winters (Super 8).
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  • 27/02 Édition: Parutions de la semaine - 27 février

Chapeau bas

En littérature, nous avons la parodie où il convient de se moquer des travers d'un genre ou d'un auteur, le pastiche où il s'agit de s'installer dans les façons de faire, les recettes de cuisine d'un autre auteur afin d'en restituer la saveur et l'hommage qui se résout à imiter afin de montrer que l'on apprécie les codes. Chacune de ses trois façons de faire a ses adeptes, parfois de manière revendiquée, parfois sans le faire exprès, mais toujours avec l'envie de référence et de révérence afin de se confronter à un modèle.
Jacques Bablon (ou alors c'est le pseudonyme d'un certain Jack Bablon) nous convie à une virée au milieu des petits blancs paumés de l'Amérique profonde. Tous les éléments y sont présents : péquenauds un peu rustres qui picolent du whisky, traversent des paysages en voiture roulant sans fin, passage par la prison dont le fonctionnement est loin d'être apparenté à des soirées bisounours, gangsters foireux qui se coursent les uns les autres pour essayer de se voler un butin qu'ils avaient dérobé ensemble, et amitiés viriles et surtout taiseuses.
Le personnage central est un jeune homme, narrateur de l'histoire qui a poignardé Julian McBridge puis qui a jeté son corps dans un étang voisin empli de carpes (on en recense huit cent trente-cinq !). Seulement, les Jones, autrement dit les propriétaires de l'étang, décident de le curer (l'étang, pas Julian McBridge) et voilà notre narrateur en prison. Mais un jour soudain son ami Iggy se dénonce à sa place et l'échange de prisonnier ou de cellule (allez savoir) se fait. Surpris le narrateur rentre chez lui et découvre que, durant son absence, des petits malins ont enterré dans son jardin un complice de Juliu McBridge. Il faut alors de nouveau se débarrasser d'un cadavre mais, bien sûr, l'étang est maintenant asséché !
Et ce n'est que le début. Oscillant sans cesse entre des éléments du noir le plus scintillant (bagarres, bars interlopes, argent dans des mallettes, chantages et menaces de mort, tentatives d'évasion avec une visiteuse de prison) et le blues rural avec des amitiés de l'adolescence qui perdurent dans les premiers pas du monde adulte, des grands paysages de champs et de forêts où pourrissent quelques carcasses de bateau, des jeunes ploucs qui observent le "gars de la ville' qui s'est fait construire une grande villa mais qui est quand même cool, des fermes isolées et branlantes, Trait bleu décrit avec soin des décors qui nous semblent familiers et des personnages que nous reconnaissons, sans se moquer, en leur rendant une justesse et une poésie forte. Cela peut rappeler les grands peintres du XXe qui allaient au Louvre recopier les tableaux des anciens Maîtres, avant d'en offrir des versions plus personnelles. Cela n'enlevait en rien la beauté et la force qu'ils transmettaient dans cet hommage à leurs prédécesseurs. Eh bien, là, c'est pareil en ce qui concerne Jacques Bablon !
L'auteur signe-là un texte maîtrisé, version intelligente - copie parfaite, fidèle mais personnelle -, d'un polar rural américain. Il a, qui plus est, le bon goût d'une fin optimiste et crédible, et a ainsi affûté ses armes pour, nous l'espérons, de futurs duels.

Citation

Oui c'était un flingue ! Oui je pouvais les descendre si ça me chantait ! J'avais que trois balles. Pas gâcher.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 08 mars 2016
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