Une valse pour rien

Les cons avaient pris possession de la planète
Cyrille Audebert - L'Évangile selon Jacques Lucas
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

dimanche 22 septembre

Contenu

Roman - Policier

Une valse pour rien

Social - Assassinat MAJ lundi 25 mai 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Gay, gay, tuons-nous

Une valse pour rien, troisième roman de Catherine Bessonart publié à L'Aube, est l'occasion terrible d'aborder le bilan de l'auteur. Un bilan plus que positif pour celle de Et si Notre-Dame la nuit..., débarrassée de ses influences vargasiennes pour voler de ses propres ailes. L'enquête est des plus classiques, digne d'un "Masque jaune" de la grande époque, menée principalement par des dialogues entre deux introspections du personnage central Chrétien Bompard : une série de meurtres ensanglante la communauté homosexuelle parisienne et fait ressortir les vieux démons de la haine recuite au moment où la loi sur le mariage pour tous avive d'inutiles tensions. D'autant que les assassinats, a priori sans aucun lien entre eux, ont un point en commun qui a rapport avec l'art de la danse... Bompart, "réparateur de destin" comme l'était le commissaire Jules Maigret (à l'exception du sien) va rencontrer une fois de plus une galerie de personnages souvent touchants. Si la résolution douce-amère de l'énigme sur fond de conflit social et d'éthique démocratique est parfaitement satisfaisante, et donne lieu à une scène finale hallucinée digne du meilleur Argento, la vérité est ailleurs. D'abord dans ce personnage de Chrétien Bompard, Pierrot lunaire cherchant fugace Colombine, en l'occurrence la belle Mathilde, son amour perdu, seule remède contre ses angoisses existentialistes. Ensuite, dans cette langue faussement neutre, surréaliste, désormais ponctuée de passages évoquant certains auteurs de littérature dite "Blanche" (Marie Darrieusecq, par exemple), qui donne à tout le roman l'allure d'un rêve éveillé. C'est là que Catherine Bessonart trouve sa voix personnelle, qui désormais ne se compare vraiment à aucune autre, à travers une fausse simplicité cachant une économie de moyens remarquable. L'auteur va-t-elle abandonner son personnage fétiche de Chrétien Bompard ? La fin reste ouverte, mais quel que soit le chemin emprunté, on la suivra avec plaisir...

Citation

Mario Lévi était toujours dans le coma. Bompard, s'il n'allait pas jusqu'à regretter qu'il fût vivant, ne pouvait s'empêcher de penser que mort, il aurait parlé davantage.

Rédacteur: Thomas Bauduret samedi 04 avril 2015
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page