Finsterau

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dimanche 25 octobre

Contenu

Roman - Policier

Finsterau

Procédure - Faits divers MAJ samedi 04 avril 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 12,5 €

Andrea Maria Schenkel
Finsterau - 2012
Traduit de l'allemand par Stéphanie Lux
Arles : Actes Sud, février 2015
108 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-330-03910-3
Coll. "Actes Noirs"

Actualités

  • 25/06 Prix littéraire: Sélections 2015 des GPLP
    La liste officielle des GPLP vient tout juste d'être dévoilée. Fortes de onze romans francophones et de dix-sept étrangers, ces sélections sont marquées sous le sceau des éditions Rivages, Actes Sud, Le Seuil et Gallimard. On repère ci et là quelques perles venues d'ailleurs, et l'on se demande d'ailleurs si elle ne servent pas d'alibi. C'est ainsi que l'on peut joyeusement s'étonner de retrouver le romancier stylé suisse Joseph Incardona pour un petit ouvrage aux éditions Finitude. Étrangement, on ne voit pas comment la palme étrangère pourrait ne pas revenir au Perfidia de James Ellroy, mais quand on débusque le dernier mauvais opus de Don Winslow, on se dit aussi que tous les (dés)espoirs sont permis. Il est dommage que l'un des prix les plus ancestraux et respectés n'offre pas de choix plus osé et opte pour un classicisme forcené. Rendez-vous le 23 septembre afin de connaître les noms des deux lauréats.

    Sélection 2014 du Grand prix de la littérature policière - roman français :
    - Trait bleu, de Jacques Bablon (Jigal, "Polar") ;
    - Une valse pour rien, de Catherine Bessonart (L'Aube, "L'Aube noire") ;
    - Les Initiés, de Thomas Bronnec (Gallimard, "Série Noire") ;
    - Personne n'en saura rien, de Sylvie Granotier (Albin Michel, "Spécial suspense") ;
    - Derrière les panneaux il y a des hommes, de Joseph Incardona (Finitude) ;
    - Hors la nuit, de Sylvain Kermici (Gallimard, "Série Noire")
    - Au fer rouge, de Marin Ledun (Ombres noires) ;
    - Trabadja, de Jean-Paul Nozière (Rivages, "Noir") ;
    - L'Alignement des équinoxes, de Sébastien Raizer (Gallimard, "Série Noire") ;
    - Adieu Lili Marleen, de Christian Roux (Rivages, "thriller") ;
    - Des forêts et des âmes, de Éléna Piacentini (Au-delà du raisonnable).

    Sélection 2014 du Grand prix de la littérature policière - roman étranger :
    - La Vérité et autres mensonges, de Sascha Arango (Albin Michel, "Les Grandes traductions") ;
    - Toutes les vagues de l'océan, de Victor del Árbol (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - À mains nues, de Paola Barbato (Denoël, "Sueurs froides") ;
    - Trame de sang, de William Bayer (Rivages, "Thriller") ;
    - Perfidia, de James Ellroy (Rivages, "Thriller") ;
    - Jackpot, de George Dawes Green (Le Livre de poche) ;
    - L'Enfer de Church Street, de Jake Hinkson (Gallmeister, "Neonoir") ;
    - Ne reste que la violence, de Malcom MacKay (Liana Levi, "Policier") ;
    - Le Moineau rouge, de Jason Matthews (Le Cherche midi, "Thriller") ;
    - Les Assassins de la 5e B, de Kanae Minato (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - Ratlines, de Stuart Neville (Rivages, "Thriller") ;
    - Linda, de Leif G. W. Persson (Rivages, "Thriller") ;
    - Le Bourreau de Gaudí, de Aro Sáinz de la Maza (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - Finsterau, d'Andrea Maria Schenkel (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - Retour à Watersbridge, de James Scott (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - Missing: New York, de Don Winslow (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - Dernier meurtre avant la fin du monde, de Ben H. Winters (Super 8).
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Cold case bavarois

In vino veritas : c'est à la fois un proverbe, le titre d'un essai philosophique de Søren Kierkegaard et aussi aussi le point de départ de ce court roman de l'Allemand Andrea Maria Schenkel. Ivre dans un bar, un client laisse entrevoir qu'il connait la vérité sur une vieille affaire criminelle, les meurtres commis dix-huit ans plus tôt de la jeune Afra et de son fils de deux ans dans le petit village bavarois de Finsterau et dont un suspect tout trouvé, Johann (le père et le grand-père, un "sans-terre") a déjà effectué une peine de dix ans. Iformé par l'aubergiste, un procureur rouvre le dossier.
Le roman va alors se décomposer en trois parties : une reconstitution de la vie des victimes avant l'affaire, la façon dont s'est déroulée l'enquête et les interrogatoires actuels qui vont faire surgir la vérité. Les plus téléphiles des lecteurs de k-libre auront pu comprendre dans l'intervalle qu'ils ont là l'argument d'un épisode de Cold case. Mais unn des grands avantages de ce roman est sa dimension. Sur un format court, il permet de présenter une situation, de reconstituer la vie de petites gens - en 1945 des fermiers allemands, rigoristes qui doivent vivre avec leur fille, partie à la ville et revenue enceinte des œuvres d'un soldat français des forces d'occupation, au milieu de la honte engendrée et du quand dira-t-on des villageois. Il permet également de saisir la raison pour laquelle le père va être accusé du meurtre de sa fille et de son petit-fils. Toutes ses actions visent en fait à préserver la normalité, à se comporter en homme digne et sont, sous le regard des policiers, interprétées comme autant de signes de sa culpabilité, façon intelligente de montrer que le point de vue et les préjugés l'emportent facilement sur la réflexion. Le recul d'une vingtaine d'années permet de créer d'autres liens, d'envisager d'autres pistes et de découvrir la solution de ce qui pourrait être un faits divers sordide réel.
Reconstitution intéressante de l'après-guerre dans un petit village bavarois, des mœurs et des façons de faire de l'époque, retour par le procureur sur une affaire avec laquelle il débuta sa carrière, Finsterau développe un récit tragique (dans le sens où la fatalité l'emporte) pour s'achèver sur une phrase glaçante.Il se lit véritablement comme l'on regarde un épisode de Cold case, et le lecteur savoure le soin du détail, des lieux, des gens, de l'esprit du temps. Tout cela rythmé par des sentences tirées de la Bible, et qui donne du relief à un roman d'atmosphère à l'intrigue policière légère, qui se savoure.


On en parle : Lire n°434

Citation

Le vieux s'était déjà retrouvé au trou du temps des nazis. Quand on a déjà fait de la taule, on finit toujours par y retourner.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 08 mars 2016
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