La Madrivore

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Roman - Insolite

La Madrivore

Médical - Artistique MAJ jeudi 04 juin 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Public averti

Prix: 20 €

Roque Larraquy
La Comemadre - 2010
Traduit de l'espagnol (Argentine) par Mélanie Gros-Balthazard
Paris : Christophe Lucquin, février 2015
240 p. ; 19 x 13 cm
ISBN 978-2-36626-039-7

Vers de têtes

Étonnant livre que La Madrivore. Composé de deux récits faits à la première personne, il nous offre une petite plongée à la fois médicale et artistique vécue par des êtres à la fois ambitieux et cyniques.
Le premier nous plonge dans un hôpital argentin du début du XXe siècle. La médecine progresse, les infirmières charment les médecins et les têtes tombent. Mais n'allez pas croire qu'il s'agit d'une image. Même si les questions de hiérarchie en milieu hospitalier ne sont pas laissées de côté, les têtes tombent littéralement. Il faut dire que l'équipe médicale dirigée par Mr Allomby a de grands projets : prouver que l'on vit encore durant neuf secondes après une décapitation. Ils sont formels mais encore faut-il le prouver. Et pour cela, il n'y a pas trente-six solutions, il faut couper des têtes et les faire parler durant ce cours laps de temps. Et où trouver des volontaires ? Rien de plus simple : le pays est rempli de cancéreux en phase terminale, il faut les convaincre que la clinique dispose d'un traitement révolutionnaire pour les attirer. La suite est affaire de persuasion, qualité qui ne fait pas défaut au docteur Quintana, narrateur de ce premier récit. Quant à ses convictions, elles sont secondaires : "Être un homme de grande conviction peut s'avérer pénible. En avoir de petites, en revanche, est à portée de main."
Le deuxième récit, également rédigé à la première personne, se situe un siècle plus tard. Le monde de la clinique est remplacé par celui des galeries d'art. Mais si l'époque a changé, l'Argentine reste au centre de l'histoire. Le narrateur est cette fois un grand génie de l'art obsédé par un enfant à deux têtes. Prêt à toutes les expériences esthétiques et anatomiques, il décide d'utiliser son propre corps pour exposer... et éventuellement provoquer un scandale ou deux. Parce que le scandale ne fait pas de mal au marché de l'art.
Et le lien entre les deux récits me direz-vous ? Il est dans le titre : La Madrivore. Cette plante infernale qui produit des larves qui la consument de l'intérieur. Quant à l'usage que peuvent en faire des médecins peu scrupuleux et un artiste provocateur... Dans le fond, pour vous risquer dans le bizarre, la recette est plutôt simple : pour les ingrédients, prenez un médecin et un artiste ambitieux et cyniques, une plante qui produit des larves aux effets dévastateurs. Et le plat préparé par Roque Larraquy, il ne manquera pas de vous surprendre.

Citation

La sueur nous coule dans la nuque jusqu'aux fesses et, si nos slips ne faisaient pas barrage, nous pataugerions très vite dans une flaque d'eau.

Rédacteur: Gilles Marchand mardi 19 mai 2015
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