Mauvaises eaux

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dimanche 17 novembre

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Roman - Policier

Mauvaises eaux

Ésotérique - Médical - Assassinat - Scientifique MAJ mardi 02 juin 2015

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 8 €

Inger Wolf
Ondt vand - 2012
Traduit du danois par Alex Fouillet
Paris : Folio, mars 2015
410 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-07-046210-0
Coll. "Policier", 761

À boire avec modération (mais plus si affinités)

L'action du livre se déroule à Århus, deuxième ville du Danemark, bien jolie et paisible, où il se passe pourtant de bien vilaines choses. Et ce dès le prologue, dans lequel une femme se réveille "enfermée" dans une baignoire pleine d'eau rougie de son sang. Puis c'est l'agriculteur Jørgen Viuff qui trouve dans un coin de son champ, sous un tas de pierre, deux valises contenant des squelettes de femmes. Ils sont légèrement incomplets, car on les a maltraités pour les faire entrer dans cet espace restreint et on a prélevé sur eux de petits morceaux d'os. Les deux femmes sont rapidement identifiées comme étant Anika Dinesen (oui, le même patronyme que la baronne Karen Blixen) et Katrine Mikkelsen, récemment portées disparues, C'est le commissaire Trokic et son adjoint Jesper Taurup qui sont chargés de cette enquête d'autant plus morbide que les petites plaies en forme de Y qui couvrent ces corps par centaines s'avèrent être des... morsures de sangsues. Or celles-ci ont joué un rôle décisif dans le processus mortel car, dans l'eau, elles empêchent le sang de coaguler et entraînent la mort par lente hémorragie, et celles qui ont servi en l'occurrence font partie d'une espèce rare et protégée. Voilà qui devrait faciliter le travail de la police, mais le complique en fait car personne dans le pays n'en élève. On relève aussi sur l'un des corps une trace de fleur de cerisier des sables qui pousse seulement... en Amérique et dans les mines de lignite désaffectées ! On s'intéresse donc au passé de ces femmes, trouve un certain lien avec l'Afrique et un ordinateur "surprotégé" (celui d'Anika) capable de pirater à peu près n'importe quoi dans le monde de l'informatique – et en particulier les dossiers confidentiels de son psy. Et voici qu'on annonce la disparition d'une nouvelle femme (celle du prologue), qui avait elle aussi les cheveux châtains. Mais, à part l'auto-dénonciation farcesque d'un jeune pervers, on n'a rien de solide à se mettre sous la dent du côté des enquêteurs. La suite des événements mêlera perversion grave et haute technicité, vaudou africain, ADN, génétique et maladies orphelines. Sans compter les curieuses tribulations d'une baignoire et les inévitables fausses pistes. Certains trouveront cela un peu trop gore à leur goût, mais l'intrigue, subtile à souhait, est bien concoctée, les différents fils finissent par tisser un tableau sans faille et le livre se lit avec facilité et intérêt. Ce n'est déjà pas si mal. On connaît des talents reconnus qui ont fait pire.

Citation

La baignoire blanche et elle dans l'eau rouge. Puis il ne restera plus que les ténèbres.

Rédacteur: Philippe Bouquet lundi 01 juin 2015
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