Le Cercle des Douze

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mercredi 20 novembre

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Roman - Policier

Le Cercle des Douze

Historique - Énigme MAJ vendredi 11 septembre 2009

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Public connaisseur

Prix: 19 €

Pablo de Santis
El enigma de Paris - 2007
Traduit de l'espagnol (Argentine) par René Solis
Paris : Métailié, septembre 2009
272 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-86424-692-3

Un roman policier peu commun

C'est dans La Clé du crime, la version locale de Traces, l'organe officiel du cercle des Douze, que Sigmondo Salvatrio se passionne pour les enquêtes menées par les plus grands détectives du monde. Aussi répond-il avec empressement à l'annonce passée par Craig, le fondateur du cercle, qui veut créer une académie où il enseignerait l'art de l'enquête. La formation alterne théorie en salle et pratique sur le terrain jusqu'au jour où le maître annonce qu'il a trouvé enfin une énigme adéquate pour l'enquête théorique. Il a remarqué que les voyages du mage Kalidán coïncidaient avec l'assassinat ou la disparition de femmes. Les élèves se répartissent les tâches pour confondre le prestidigitateur. L'un d'eux se fait même embaucher comme assistant... mais disparaît. Cette affaire sonne la fin de l'Académie et de la carrière de Craig.
Pourtant, quelque temps après, celui-ci convoque Sigmondo pour une dernière mission, aller à Paris porter sa canne et un message à Viktor Arzaky, un détective polonais avec qui il a crée le Cercle. Celui-ci est chargé, en l'absence de Craig, de réunir, pour l'Exposition Universelle, les outils utilisés par les plus fameux détectives du monde.
Sigmondo devient l'assistant d'Arzaky, quand celui-ci est chargé de résoudre l'assassinat de Darbon, le détective français, son concurrent direct. Il a été tué sur la Tour Eiffel. Le monument, qui vient d'être terminé, suscite autant d'admiration que de haine. Sigmondo va devoir louvoyer entre les membres du club et leurs assistants, entre sectes occultistes et ennemis du progrès, pour tenter de découvrir une vérité.
Le Cercle des Douze est un de ces romans policiers peu communs, qu'on rencontre une ou deux fois par décennie. Si les ombres de Sherlock Holmes ou d'Hercule Poirot planent sur tout le livre, l'intrigue n'est pas celle d'une enquête, au sens classique du genre, mais plus la quête d'un personnage vers la recherche d'une vérité, d'un idéal, d'une vocation.
Pablo de Santis, dans ce roman, mène une réflexion approfondie sur l'énigme, sa nature, sa réalité, sur la démarche d'investigation, et intellectuelle de l'enquêteur pour aboutir à une solution. Il pose la question de la finalité d'une enquête, voire de son utilité, de sa pertinence, allant jusqu'à introduire la vacuité d'une telle occupation ou la réalité du mystère. N'est-ce pas la volonté du détective qui induit le mystère, qui emplit le vide d'une énigme ?
Parallèlement, il examine, avec beaucoup d'humour, la place de l'assistant, son rôle de faire-valoir et l'attitude des détectives vis-à-vis de leur second. Il place son propos à la charnière de deux époques, à la lisière de la conception de deux mondes avec l'Exposition qui veut tout montrer, tout expliquer, effaçant ainsi le secret, l'inconnu : "La science n'est plus un ensemble de réponses, mais la mise à mort des questions." fait-il dire à un occultiste.
Le Cercle des Douze est un texte érudit, d'une richesse exceptionnelle en idées, concepts, réflexions, pistes et interrogations. L'auteur confronte des conceptions matérialistes et des théories philosophiques, tout en proposant une intrigue adroitement tortueuse, au dénouement machiavélique.

Citation

Un assassinat est toujours un problème de "chambre close". Et la chambre close, c'est le cerveau du criminel.

Rédacteur: Serge Perraud lundi 17 août 2009
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