Noir septembre

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mardi 17 septembre

Contenu

Roman - Policier

Noir septembre

Médical - Assassinat - Complot MAJ dimanche 30 août 2015

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Inger Wolf
Sort sensommer - 2006
Traduit du danois par Frédéric Fourreau
Bordeaux : Mirobole, avril 2015
346 p. ; 20 x 15 cm
ISBN 979-10-92145-39-7
Coll. "Horizons noirs"

Beaucoup de plantes pour pas grand-chose

Århus, dimanche 21 septembre. Anna Kiehl, jeune mère célibataire, est retrouvée morte, nue, égorgée et avec des traces de sperme sur le ventre, dans les bois où elle allait souvent faire son jogging en laissant à la maison son fils de trois ans, confié à la garde d'une voisine qui déclare l'avoir entendue rentrer chez elle et faire du bruit, ce soir-là. Le plus étonnant est la présence d'un bouquet de cigüe (séchée !) sur sa poitrine. L'enquête est confiée au commissaire Trokic, assisté de Lisa Kornelius, informaticienne de formation, sous l'autorité du commissaire principal Agersund. La victime était chercheuse en anthropologie et travaillait sur le patrimoine génétique africain. Curieusement, son ordinateur ne contient pas un seul courrier électronique et Lisa n'arrive à en reconstituer que des bribes peu éclairantes. En revanche, on retrouve chez elle un papier portant le nom d'une société pharmaceutique britannique et un autre, l'emblème de la secte de l'Ordre doré. Elle était écologiste convaincue, réputée peu ordonnée, et surtout enceinte de dix semaines des œuvres de Christoffer Holm, son petit ami, psychiatre travaillant sur les antidépresseurs, qui a bizarrement disparu depuis son retour d'une conférence au Canada et dont le cadavre est retrouvé dans un lac. On relève ensuite : une main momifiée sur laquelle est écrit Eudaimonia (bonheur), un nouveau cadavre – cette fois, celui d'un des membres de la secte –, un nouvel antidépresseur sans effets secondaires, un labo de fabrication de drogue, un quatrième cadavre... Après les fausses pistes obligatoires, on s'achemine vers une solution des plus classiques malgré le mal que se donne l'auteur pour le dissimuler et le dénouement mouvementé rappelle celui de milliers de romans (et films) policiers. Il ne fait donc que renforcer la puissante impression de "déjà-lu" que dégage la lecture de l'ensemble du livre et dont il n'y a pas à chercher bien loin la raison : elle réside dans un autre livre de l'auteur (Mauvaises eaux). C'est le risque des séries à personnages récurrents mais, ici, les ingrédients (plantes, sciences humaines et occultes, thérapeutiques, informatique...) et tics d'écriture (en particulier la façon de fragmenter à l'extrême des chapitres se terminant avec une régularité désarmante sur un appel téléphonique) l'aggravent singulièrement. Cette impression est légèrement erronée dans la mesure où ce volume est le premier de la série et ne peut donc être répétitif. Mais il est le troisième à paraître en France (bien qu'il ne soit fait que discrètement mention des précédents titres traduits, sur la quatrième de couverture) et c'est donc l'autre qui l'était, en fait. Mais cela ne change rien au fond de l'affaire : l'auteur ne s'est pas donné assez de mal pour se renouveler et ce titre paie aussi la fâcheuse manie qu'ont les éditeurs de notre pays de ne pas respecter l'ordre original de parution. La réputation de l'auteur en souffre, mais c'est son éditeur étranger qui est coupable. Il en faudra pourtant plus pour mettre fin à une habitude si bien ancrée dans nos mœurs littéraires. Rien que du très banal, donc, au total.

Citation

Au même instant, son téléphone vibra dans sa poche. C'était Jasper qui le rappelait. 'On a les résultats définitifs des analyses ADN. Ils confirment qu'Anna Kiehl était bien enceinte de Christoffer Holm...'

Rédacteur: Philippe Bouquet dimanche 30 août 2015
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