Déroute sauvage

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Roman - Thriller

Déroute sauvage

Fantastique - Pastiche MAJ mercredi 02 septembre 2009

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

À partir de 15 ans

Prix: 8 €

Guillaume Guéraud
Rodez : Le Rouergue, septembre 2009
144 p. ; 17 x 12 cm
ISBN 978 2 8126 0065 4
Coll. "DoAdo Noir"

Bad guy

Depuis 2006, Guillaume Guéraud détone dans le petit monde policé de la littérature jeunesse. Auteur d'ouvrages violents et parfois désespérés, il fait partie de ces auteurs qui inquiètent les adultes. Fort d'une quinzaine de romans publiés aux très gonflées Éditions du Rouergue, il se fait particulièrement remarquer avec Je mourrai pas gibier en 2006 puis avec La Brigade de l'œil, roman hommage à Farenheit 451 et au cinéma. Déroute sauvage ne dépareille pas l'œuvre de ce "bad guy", je dirais même qu'il enfonce le clou là où ça fait mal.
Cinéphile, Guéraud nous offre pour cette rentrée inquiète un thriller méchant et d'une redoutable efficacité en hommage aux films gore qu'affectionnent certains adolescents (Scream de Wes Craven par exemple).
Une classe de 4e fait un voyage en car en direction de l'Espagne. À proximité du col du Pourtalet, c'est l'accident. Le car bascule dans le ravin et s'écrase sur les rochers. À l'intérieur comme à l'extérieur, c'est le carnage et les quelques survivants sont en mauvais état. Il fait nuit et les téléphones portables ne captent aucun réseau. Un élève probablement choqué dit avoir entendu un coup de feu avant la chute. Le groupe claudiquant et apeuré décide de partir chercher de l'aide, abandonnant les blessés coincés sous les décombres. Mais ils s'aperçoivent rapidement qu'ils ne sont pas seuls…
Rien ne nous est épargné en matière d'horreur : têtes coupées, corps déchiquetés, scènes de cannibalisme et de torture, de quoi faire hurler dans les chaumières. Et si vous comptez sur un "happy end" ou une morale proprette pour récupérer de vos angoisses, passez votre chemin. Guillaume Guéraud ne cède à aucune facilité. Quant aux méchants de l'histoire, ce sont des monstres anthropophages armés de haches et de maillets, comme échappés d'un mauvais jeu vidéo. Aucune humanité ne les habite. Toutefois leur statut de personnages imaginaires a presque quelque chose de rassurant malgré la cruauté de certains passages. La scène de l'accident est en revanche terriblement réaliste et la poursuite qui s'ensuit remarquablement rythmée. Comble d'horreur, l'auteur entrecoupe son récit de "mots" sur les cahiers d'élèves, de bulletins de notes ou de paroles de chansons qui nous rendent plus proches ceux qui viennent de mourir.
C'est un fascinant cauchemar dont on aimerait voir la fin mais qu'on n'a pas envie de lâcher. Qui osera l'offrir au neveu de sa concierge ?

Citation

Seul Marc vit nettement le crâne de Claire éclater.

Rédacteur: Patricia Châtel lundi 31 août 2009
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