Violence d'État

Pour la première fois, j'ai lu dans ses yeux autre chose que de l'apathie. Pour la première fois, j'y ai perçu cette ivresse glacée que je connaissais bien. J'avais tué pour elle. Elle venait de tuer pour moi.
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vendredi 22 mars

Contenu

Roman - Policier

Violence d'État

Social - Procédure - Trafic MAJ lundi 05 octobre 2015

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

André Blanc
Paris : Jigal, septembre 2015
264 p. ; 21 x 15 cm
ISBN 979-10-92016-52-9
Coll. "Polar"

Magouilles d'État

Un terrible accident sur le périphérique de Lyon amène la découverte d'un stock de drogues et d'armes planqué dans un cercueil. Ce qui permet donc d'identifier une drôle de filière trafiquant aussi bien la drogue que les armes. Les occupants de cet étrange corbillard sont morts, mais il s'avère que l'un d'entre eux est le fils de Jean Strabine dit le Traqueur, un ancien truand spécialisé dans le recouvrement de dettes pour un réseau maffieux, aujourd'hui rangé des voitures. Mais le commandant Guillaume Farel démasque aussi des trafics d'argent liés aux Mines australes, une compagnie minière qui engendre bien des convoitises - les mieux placés peuvent en effet espérer remporter un beau paquet d'argent. Voilà qui va ouvrir à Farel les portes des ministères et réveiller son mystérieux passé...
On avait été mitigé sur Farel le précédent volet présentant le commissaire éponyme — clin d'œil au Fauvel de feu Peter Randa ? — mais voilà la preuve qu'un auteur peut s'améliorer, et pas qu'au niveau du style, qui a lui aussi évolué dans le bon sens. L'intrigue reste classique, mais moins banale que dans dans le roman précité. Ici, l'envergure du roman, mêlant des voyages dans plusieurs pays et de multiples intervenants au gré d'une intrigue touffue, ferait presque penser à l'espionnage et au vertige que ce genre est censé procurer. Le ton général rappelle que Jigal a été aux premières loges du grand retour du genre "dur-à-cuire" qui s'opère ces derniers temps. À une autre époque, on imagine facilement Guillaume Farel interprété par un Lino Ventura ou un Michel Constantin... heureusement dépourvu des atours de la justice expéditive. Par contre, la vision mi-cynique, mi-réaliste des magouilles d'État est typiquement d'aujourd'hui. Pour les amateurs, André Blanc apporte un élément excitant supplémentaire : une description minutieuse, mais jamais lourde des procédures policières qui donne une crédibilité inattendue au roman. Parfois, revenir aux sources même du polar, cela remet les idées en place ! Notons au passage qu'il est recommandé d'avoir lu, sinon le premier, au moins le deuxième roman de la série, "Tortuga's Bank", essentiel pour comprendre la séquence des événements.

Citation

Depuis trente ans, les mentalités avaient changé. La justice n'était plus perçue comme étant rendue au service de la république, mais comme une instance d'arbitrage des conflits entre individus, ou entre individus et collectivités. Son rôle n'était plus de protéger la société en rappelant ce qu'est un comportement adéquat, mais de dédommager économiquement et symboliquement les victimes en punissant les coupables. L'essentiel était l'accord de gré à gré, la puissance publique ne gardant pour seule fonction que l'aspect sécuritaire.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 05 octobre 2015
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