Le Fléau de Dieu

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jeudi 24 janvier

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Roman - Thriller

Le Fléau de Dieu

Historique MAJ mardi 08 décembre 2015

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Andrea H. Japp
Paris : Flammarion, septembre 2015
400 p. ; 24 x 15 cm
ISBN 978-2-0813-5364-0
Coll. "Thriller"

Bonheur des lecteurs

En 1341, dans les environs de Saulieu, Gabrielle, une adolescente de petite noblesse rêve à de beaux et preux damoiseaux. Frère Gabrien, à l'abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron, enlumine un texte pour un diptyque que le seigneur abbé, André de Mournelle, veut offrir au pape Benoît XII. En décembre 1345, Geoffroy d'Aurillay, chanoine séculier de Saint-Germain-l'Auxerrois, reçoit une lettre de sa belle-sœur qui le rend fébrile. Celle-ci l'informe que son père, André de Mournelle, veut se dessaisir de certains manuscrits. Grand amateur de pièces rares, Geoffroy se rend sur place. Mais, le rendez-vous tourne court car il trouve l'abbé agonisant, essayant de lui dire, dans un dernier souffle, l'intérêt d'un diptyque. C'est donc le 1er novembre 1347 que maître Éloi Donnadieu, armateur à Marseille, voit enfin arriver Le Saint-Antoine avec la cargaison qui va assurer sa fortune. Peu importe que les fièvres aient emporté le précédent équipage et que celui-ci soit presque entièrement décimé. Il dissimule cet état de fait aux autorités, plus inquiet de savoir si ses pièces de soie sont toujours en bon état. En ce mois d'aout 1348, Gabrielle est enceinte d'Henri d'Aurillay pour qui elle éprouve un grand amour. Celui-ci, depuis qu'ils sont à Paris, la délaisse pour son travail, un travail qui lui rapporte bien peu au regard du temps passé. Il a des démêlés avec l'associé de son oncle. Pour l'aider, Gabrielle décide d'aller défendre la cause de son époux adoré auprès de cet associé. Mais, l'entretien se passe très mal pour la jeune femme qui découvre la duplicité de son époux. Celui-ci est un joueur frénétique qui dépense tout ce qu'il gagne, fait des dettes, des faux en écritures, fréquente les prostituées... Henri a soumis à son cousin Geoffroy, un diptyque gagné au jeu contre un apothicaire. Geoffroy est frappé par l'inscription en hébreux en partie cachée. Son intérêt n'échappe pas à Henri qui comprend qu'il a en main une pièce de valeur. Gabrielle réalise alors dans quelle situation elle se trouve, elle qui croyait vivre au côté d'un beau et preux chevalier. Elle doit, dans une ville gagnée par une terrible épidémie, prendre son destin en main. Et quel destin ! Geoffroy met cependant tout en œuvre pour s'emparer du diptyque.

Pour sa nouvelle série romanesque, Andréa H. Japp appuie son intrigue sur l'épidémie qui a déferlé sur la moitié de l'Europe, causant près de cent millions de morts dont sept de Français sur les dix-sept que comptait le royaume. Dans le cadre dantesque de cette pandémie, elle mêle les parcours d'une jeune femme qui découvre que son monde s'écroule, d'un chanoine amateur d'œuvres d'art et un énigmatique tableau objet de nombreuse convoitises.
Elle construit, avec un soin méticuleux, une galerie de personnages remarquables dans leur diversité et dans leur humanité tant pour les protagonistes les plus proches du "Bien" que pour ceux versés vers le "Mal". Mais, comme dans la réalité le manichéisme n'est pas de mise.
Elle fait œuvre de romancière avec une intrigue ciselée, aux nombreux ressorts, à la progression implacable. Elle fait œuvre d'historienne, éclairant les sources et les liens entre les événements, dépeignant l'ambiance de la période où elle place son récit. Elle fait œuvre de linguiste donnant, pour les mots anciens qu'elle utilise dans son roman, leur origine, leur racine, le sens qu'ils avaient à l'époque par rapport à celui qu'ils ont aujourd'hui.
Dans une postface érudite, elle expose avec la rigueur qui la caractérise, les arguments qui contredisent une épidémie de la seule peste portée par les rats. Elle donne, avec un raisonnement convaincant, une explication plus rationnelle de la propagation de cette terrible pandémie. Elle explicite les grands événements qui ont secoués cette période telles que la bataille de Crécy et ses conséquences, l'aura de l'abbaye de Tison, aujourd'hui devenue Thiron-Gardais. Elle fournit une biographie succincte mais opérante des grands personnages authentiques qui tiraient les ficelle dans les années 1350.
Avec Le Fléau de Dieu, premier volet de La Malédiction de Gabrielle, Andrea H. signe un superbe roman, entrée d'une série qui doit se révéler passionnante compte-tenu des ingrédients réunis.

Citation

Une seule conclusion s'imposait : cette œuvre malhabile ne devait pas tomber entre mauvaises mains et certainement pas celles de l'Église qui la détruirait au moindre soupçon 'd'impiété', c'est-à-dire si elle allait à l'encontre de ses certitudes.

Rédacteur: Serge Perraud mercredi 14 octobre 2015
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