Justiciers

Il s'est protégé pour ne pas être identifié. Un criminel aussi ingénieux que celui que tu as décrit imiterait pour sa 'retraite', dirons-nous, les marchands d'armes européens. Où les rois des cartels de l'opium. Je connais des spéculateurs, des affairistes et des escrocs qui ont poursuivi trente années durant leurs activités illicites sans être inquiétés.
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mardi 15 octobre

Contenu

Roman - Policier

Justiciers

Assassinat - Faits divers MAJ lundi 26 octobre 2015

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Bruno Fuligni
Paris : Sonatine-Perrin, octobre 2015
300 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-35584-366-2

Monsieur criminalistique et ses enfants

A priori, le deal paraît séduisant : mêler une petite intrigue policière à l'exposé d'une vingtaine d'affaires criminelles historiques et, par ce biais, faire un joint venture entre une maison d'édition de fiction policière et une autre spécialisée dans l'Histoire. Tout ceci grâce à la plume de Bruno Fuligni, "maître de conférences à Science-Po, haut fonctionnaire, écrivain et historien et auteur de plusieurs ouvrages sur l'histoire de la police".
Dans le TGV, le jeune narrateur "chargé de son barda" rencontre un petit vieux bavard auquel il annonce qu'il vient de réussir le concours de l'ENSP (École Nationale Supérieure de Police). Le petit vieux lui lit alors seize lignes du Génie et le Crime, un livre du criminologue Henry T. F. Rhodes sorti en 1936 (en France). Le narrateur voit aussi une jolie fille qu'il va retrouver au chapitre suivant lors de son entrée dans la grande école. Vite, il se fait quelques copains et fonde "le groupe Locard" - du nom du célèbre médecin légiste parent d'un des gentils copains. Là-dessus, après une petite course de fond, le petit groupe sympa genre "disparus de Saint-Agil", tombe sur "un drôle de lutin tout sourire" taillant une haie de ronces. C'est le petit vieux du TGV qui est justement le professeur Joannon, chargé de cours de criminalistique à l'ENSP !
L'auteur va, à partir de là, tenter de mêler du mieux qu'il pourra (et il peut peu) des dialogues contemporains aux exposés du petit vieux qui déroule imperturbablement sa chronologie criminelle en baladant ses élèves dans son petit musée. Les histoires, souvent avec citations, sont tirées de grands classiques répertoriés en fin d'ouvrage. On retrouvera, par exemple, Martin Dumollard le tueur de bonnes, et les fameux anglais John Christie ou George Smith (avec citations de Sir Harold Scott ou Sir Basil Thomson tous deux patrons de Scotland Yard), quand ce ne sont pas quelques affaires plus étonnantes comme celle de Billy Gohl, l'aubergiste tueur de marins en 1910. Il y a aussi cette catégorie de tueurs riches, et pleins d'allant, qui font mourir leurs proies à force de bons gueuletons ! Les feeders, seraient répertoriés par le FBI, et Eugène Chavette en donne un exemple dès 1850.
Mais la sauce ne prend pas au niveau de la lecture. Au discours compassé du petit vieux ne répondent que de faux dialogues d'élèves qui arrivent comme des cheveux sur la soupe. Et l'intrigue amoureuse et criminelle en filigrane ne fait rien pour arranger les choses. C'est pesant, daté, mal gaulé. On se retrouve un peu dans l'univers de Madame Grammaire et ses enfants, astucieux chef d'œuvre pédagogique de Mme Bertin datant quand même de... 1883.


On en parle : L'Indic n°23

Citation

Dumollard fut enterré sur place, dans l'allée du cimetière de Montluel, pour que chacun pût lui marcher dessus.

Rédacteur: Michel Amelin mardi 20 octobre 2015
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