La Berceuse de Staline

C'est dur d'être un noir, ça t'es déjà arrivé de l'être ? moi, oui, une fois, quand j'étais pauvre.
Vernon Young - Kill Créole
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

vendredi 22 mars

Contenu

Roman - Policier

La Berceuse de Staline

Politique - Historique - Complot MAJ jeudi 19 novembre 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 8,1 €

Il était capable de tout !

François Simon et Adrien Mortier sont sur les lieux de l'assassinat d'un couple et de leur garçonnet. Ceux-ci semblaient se cacher et étaient prêts à fuir rapidement. D'après la concierge, seule la femme sortait pour aller à l'église. En fouillant, les deux policiers découvrent, cousus sous le capitonnage du couffin du bébé survivant, une médaille et deux articles de presse. Un peintre russe, connu de François, éclaire un peu leur lanterne en traduisant les documents. L'un traite d'une affaire qui fit grand bruit en 1908, l'attaque meurtrière d'une banque par des bolcheviques. L'autre est relatif à la décoration d'Ivan Karpov, un policier qui a permis l'arrestation du cerveau de l'opération. La médaille est celle de l'Okhrana, la police secrète du tsar. Saint-Alexandre-Nevski, l'église orthodoxe est le point de ralliement de tous les Russes de Paris. Anton, le bibliothécaire, milite pour Russie intégrale, un groupe qui veut remettre les Romanov sur le trône. C'est lui que l'épouse de Karpov rencontrait pour vendre des fiches de bolchéviques ayant travaillé secrètement pour l'Okhrana. Il possède, à titre d'échantillons, quelques documents que François se fait remettre dans le cadre de l'enquête. Il les présente à un grand connaisseur de la police secrète. Celui-ci découvre, sur une feuille, le texte d'une comptine signée "Sosso" 238. Or, d'après cet expert, il s'agit d'un pseudonyme de Joseph Djougachvili, le dernier en date étant celui de... Staline. Bien qu'officiellement, il n'y ait pas de relations diplomatiques entre la France et la Russie, des contacts existent. À Moscou, le neveu d'un ministre est accusé de meurtre. Les bolchéviques acceptent qu'un Français aille constater l'impartialité de l'enquête. François, qui baragouine quelques mots de russe, a été choisi. Il pourra, ainsi, mener les deux affaires, mais n'aura sur place aucun soutien. Pensant à Elsa, il accepte...

Guillaume Prévost appuie une partie de son intrigue sur une constance humaine, la trahison par cupidité, la trahison pour de l'argent. Les "trente deniers" ont eu court tout au long de l'Histoire. Mais, au fait, pourquoi Judas avait-il besoin de cet argent ? Les Évangiles restent muets sur ce qu'il voulait en faire. En cette année 1920, où la Russie bolchévique installe son système sous la direction de Lénine et Trotski, les Russes réfugiés en France continuent à fomenter des complots, espérant remettre un membre de l'ancienne famille régnante au pouvoir. C'est par le biais d'un règlement de compte que François, le héros, se retrouve mêlé à cette contre-révolution, impliqué au-delà de son rôle d'inspecteur dans un jeu féroce pour le pouvoir. À cette époque, Staline joue encore un rôle discret, mais il est dans le premier cercle. Pouvoir prouver que l'un des dirigeants à trahi les siens fait saliver des membres du gouvernement qui considèrent le communisme comme une menace.
Parallèlement, Guillaume Prévost continue de développer les recherches de François sur sa mère, pour comprendre pourquoi cette femme, aujourd'hui internée dans le pavillon des folles à Caen, l'avait abandonné et ne voulait pas le reprendre. Il met, également en balance, l'attachement de son héros à Elsa, une jeune femme militante partie en Russie vivre au plus près la révolution qui va permettre de faire le bonheur des "damnés de la Terre".
Le romancier mène de main de maître une intrigue subtile, organise avec brio les rebondissements et les coups de théâtre jusqu'à un final qui, bien que l'histoire officielle en livre une version, est astucieusement présenté. La galerie des nouveaux personnages, construite avec un souci de vraisemblance et de cohérence, atteint son objectif.
Avec La Berceuse de Staline, Guillaume Prévost offre une remarquable vision d'une Russie nouvelle, dont l'accouchement ne se pas fait sans douleurs.

Citation

Vous croyez qu'ils ont besoin d'un prétexte ? Pas plus que ceux d'avant ! C'est même ce genre de comparaison qui les insupporte : la vérité est odieuse à qui veut lui tordre le cou. Et voilà comment ils m'ont remercié d'avoir sauvé plusieurs d'entre eux des griffes du tsar.

Rédacteur: Serge Perraud mercredi 28 octobre 2015
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page