La Balle sainte

Avec une langue étrangère, c'est la même chose. On apprend des mots, comme quand on était bébé, sauf que ça va un peu plus vite, parce qu'on a déjà compris comment marche notre propre langue. Et souvent, on peut deviner. Les gens parlent aussi avec leurs mains, avec des grimaces et en mimant les mots. Et puis, un jour, tu te diras, bon, je me débrouille en anglais.
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Roman - Thriller

La Balle sainte

Religieux - Finance - Complot MAJ jeudi 14 janvier 2016

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 24 €

Luis Miguel Rocha
Bala Santa - 2007
Traduit du portugais par Vincent Gorse
La Tour-d'Aigue : L'Aube, octobre 2015
592 p. ; 22 x 15 cm
ISBN 978-2-8159-1231-0
Coll. "Noire"

Approche singulière de la vérité

Dans un club très fermé, deux hommes affinent la seconde partie d'un plan. Le plus âgé met en garde son interlocuteur contre l'excès de confiance dont il fait preuve vis-à-vis de J.-C. Le récit se déplace alors au 13 mai 1981 et relate, par le détail, l'attentat dont est victime Jean-Paul II. Un homme, dans Jérusalem, cherche Abou Rashid, un vieil arabe qui fait des miracles et à qui la Vierge apparaît tous les jours. James Phelps, un prêtre anglais détaché au Vatican, vient chercher le père Rafael Santini dans l'église où il célèbre de façon détachée la messe. Il vient sur ordre de Benoît XVI. Une rencontre plus que houleuse a eu lieu, en février 1981, entre les cardinaux Paul Marcinkus, le maître de la finance vaticane, et Ratzinger. Salomon Keys, un octogénaire retraité de la CIA est abattu froidement dans les toilettes de la gare d'Amsterdam-Centrale, en même temps qu'un couple en train de copuler dans les toilettes voisins. Sarah Montiero est, depuis quelques mois, en charge de la politique internationale du prestigieux Times. Elle a recruté Simon Lloyd comme stagiaire. C'est lui qui lui passe l'appel venant de la maison paternelle. C'est J.-C., depuis chez ses parents qui la presse de quitter Londres sans perdre une minute en emportant ce qu'il lui a fait remettre, il y a presque un an, au Grand Palatino. Sans attendre, elle part, suivie par Simon dont elle ne sait comment se débarrasser. Alors qu'elle va entrer chez elle un homme de l'Intelligence Service lui demande de l'accompagner. C'est Simon, à qui elle donne la clé de son appartement, qui ouvre la porte déclenchant une explosion qui ravage le quartier. La voilà, une fois encore lancée dans une suite d'aventures où elle va côtoyer, outre le danger, tous les personnages douteux qui gravitent entre Vatican et CIA.
L'auteur continue ses révélations relatives à des Complots au Vatican. Après Le Dernier pape où Luís Miguel Rocha basait son intrigue sur la mort, dans des conditions étranges, de Jean-Paul Ier, il s'attache à l'attentat contre Jean-Paul II, au chaos occasionné par les scandales financiers et aux nombreux décès inexplicables qui s'en suivent. Le romancier emploie, avec maestria, tous ces éléments, tous ces personnages pour imaginer un récit musclé, riche en actions, en péripéties et en rebondissements addictifs. Il bâtit, ainsi, un thriller intégrant aventures et espionnage où complots, meurtres, organisations confidentielles, services secrets, mènent une ronde endiablée.
Autour du Vatican, pièce centrale de son intrigue, il réunit la CIA, des loges d'obédiences diverses, fondamentalistes, et toutes les grandes organisations mafieuses qui font les beaux jours du crime organisé. Il met en musique des événements qui ont fait l'actualité avec des actions de fiction, donnant une authenticité historique à son roman.
On retrouve avec grand plaisir, Sarah Montiero dont on a pu suivre les nombreux avatars dans le précédent volume de la série. Elle est entourée de méchants de la plus belle eau, de personnages au tempérament affirmé tel Paul Marcinkus, qui déclare, par exemple, en 2006 : "On ne dirige pas L'Église avec des Ave Maria."
Ce roman est également captivant par l'apport de renseignements sur les différents sujets et lieux abordés. Documenté, précis, érudit, ce livre offre une source d'informations authentiques passionnantes, tant sur le Vatican et son fonctionnement, que sur les papes, les loges très discrètes ou des événements politiques, des mouvements de société.
Le style est alerte avec un sens du récit qui implique une connivence avec le lecteur et donne un ton véridique. Ainsi : "Sa maison se situe à l'extrémité... mais nous n'en dirons pas plus pour préserver sa vie privée."
La Balle sainte conjugue avec brio la tension du thriller, le détail d'un livre historique et les arcanes du monde de l'espionnage et de celui du crime organisé.

Citation

L'Âge et le cours de temps sont impitoyables. Ils finissent par affaiblir et faire plier aussi bien les puissants que les opprimés, les nobles que la plèbe...

Rédacteur: Serge Perraud mardi 08 décembre 2015
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