Les Filles oubliées

Pour ne pas sombrer dans l'oisiveté, l'enquêteur indépendant se contenta de regarder l'unique chaine de la télévision nationale. Le présentateur ne parlait que du président de la république, en l'occurrence le général d'armée Moussa Traoré, et des œuvres du régime en place. C'était un bourrage de crâne, en règle, tout a fait habituel dans un pays où régnait une dictature civile ou militaire.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko - Dangereuse comédie à Bamako
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Vigilance
Dans un futur proche et indéterminé des États-Unis, une émission de téléréalité captive les populations :...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 21 octobre

Contenu

Roman - Policier

Les Filles oubliées

Social - Médical - Assassinat MAJ jeudi 17 décembre 2015

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Sara Blædel
De glemte piger - 2011
Traduit de l'anglais par Martine Desoille
Saint-Victor-d'Épine : Terra Nova, novembre 2015
316 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-8246-0694-1
Coll. "Thriller"

Questions sans réponses

Un bref prologue nous montre une femme terrorisée : "Il" est revenu ! Le roman lui-même s'ouvre quatre jours après la découverte d'un corps qui est sans doute celui de cette femme et c'est Louise Rick, responsable du service des enquêtes spéciales de Hvalsø, au Danemark, qui est chargée de l'enquête. L'autopsie révèle qu'elle était depuis longtemps en mauvais état sur le plan physique et sans doute attardée mentale. Il devrait être facile de l'identifier, car elle porte une cicatrice sur le visage. Mais, comme aucune disparition n'a été signalée, il faut lancer un appel à témoin. Sur ces entrefaites, Louise découvre elle-même, non loin de là, un autre cadavre de femme. Cette fois, les papiers trouvés sur elle indiquent qu'elle s'appelle Karin Lund. L'appel incite une vieille femme à identifier la première victime comme étant une certaine Lisemette (en fait Lise Andersen, mais elle avait une jumelle prénommée Mette) qu'elle a connue alors qu'elle était enfant, pensionnaire d'un asile pour arriérés mentaux, parmi d'autres "enfants oubliés". Son dossier figure bien dans les archives de l'établissement. Seul inconvénient, elle est portée comme étant... morte trente et un ans plus tôt, en 1980, le même jour que sa jumelle, à une minute d'intervalle ! Et il n'y a eu ni déclaration de décès ni enterrement. Puis, c'est une joggeuse qui disparaît, une autre femme est victime d'une tentative de viol... À force, un profil finit par s'esquisser, quant au coupable et sur le plan géographique. On retrouve trace du médecin qui a constaté le décès des jumelles, mais il s'est suicidé, et la directrice de l'époque, Bodil Parkov, cache sans doute des choses...
En vertu d'une règle maintenant incontournable, le récit est rythmé par la vie familiale de Louise et les souvenirs de sa relation avec Klaus, qui s'est terminée tragiquement par le suicide de ce dernier. Le mieux que l'on puisse en dire est que le roman n'est pas long et se lit facilement. Mais il ne s'en dégage aucune émotion, et il se termine de façon bien banale, sur une scène de violence des plus obligatoires, elle aussi. Il faut hélas ajouter que ce n'est pas sans laisser un certain nombre de questions dans l'esprit du lecteur. Pourquoi diable faut-il que Camilla, journaliste free-lance et amie de Louise, mène une enquête parallèle qui sombre corps et biens à un moment ? Pourquoi diable invoquer Camilla Läckberg (pour nous dire que Sara Blædel est "au sommet de son art" - au risque d'inciter le lecteur à se demander ce qu'il en est quand elle n'y est pas) ? Pourquoi diable Michael Connelly prétend-il qu'elle est "l'une des meilleures" (parmi quoi ?) ? Pourquoi la proclamer "Reine danoise du thriller" ? (Parce que le trône du polar est déjà bondé ?) Pourquoi diable ce roman danois est-il traduit de l'anglais, sans qu'aucun titre original ne soit mentionné ? Pourquoi diable tous les ø des noms propres (et ils sont nombreux) sont-ils pourvus d'un accent aigu totalement aberrant ? Pour fournir la matière d'un nouveau roman ? Il est permis de penser que ce n'est pas indispensable à l'amélioration de l'art littéraire – fût-il policier.

Citation

Au fond, elle n'avait jamais eu une vie normale et ignorait ce qu'étaient les sentiments.

Rédacteur: Le Huron svécomane jeudi 17 décembre 2015
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page