Peindre, pêcher et laisser mourir

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Roman - Policier

Peindre, pêcher et laisser mourir

Road Movie - Assassinat - Artistique MAJ mercredi 27 janvier 2016

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

Peter Heller
The Painter - 2014
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Céline Leroy
Arles : Actes Sud, octobre 2015
380 p. ; 24 x 15 cm
ISBN 978-2-330-05597-4

Fish and let die

Jim coule ses vieux jours à peindre tranquillement entre deux parties de pêche à la mouche. Mais Jim n'aime pas que l'on maltraite les chevaux et lorsqu'il aperçoit un homme frapper une jument qui n'a rien demandé au bord de la route, son sang ne fait qu'un tour et il flanque une bonne rouste au persécuteur chevalin. C'est tout le problème de Jim : son sang coule un petit peu trop rapidement dans ses veines. Il a d'ailleurs déjà tâté de la prison. L'histoire pourrait se terminer là, formant une belle et longue nouvelle intitulée "Peindre et pêcher". Mais il se trouve que Jim est amené à recroiser la route de son nouvel ennemi... Et il se trouve également que le sang de Jim nous refait le coup du tour unique dans ses artères. S'ensuit une deuxième lutte (bien plus brève) et un cadavre qui finit le nez dans l'eau et l'arcade sourcilière ouverte. Jim s'éclipse et l'histoire pourrait de nouveau s'arrêter là, formant une plus longue nouvelle qui se serait appelée "Peindre, pêcher et nourrir les poissons". Mais il se trouve que Jim reçoit un appel plus que menaçant lui faisant clairement comprendre que sa propre vie pourrait s'achever plus rapidement que prévu...
Jim, peintre de talent (même si la description de ses tableaux peut laisser le lecteur dubitatif), à la renommée sulfureuse grandissante et aux nombreuses conquêtes est un formidable personnage de roman. Endeuillé, fêlé, livré à sa propre violence, il est la proie d'une véritable chasse à l'homme menée par des tueurs prêts à tout pour l'éliminer mais qui, en attendant, prennent un malin plaisir à jouer avec ses nerfs. Il doit aussi concilier avec des enquêteurs dont on ne sait jamais réellement s'ils veulent le protéger ou le coffrer (voire le coffrer pour le protéger). Avec Peter Heller, rien n'est jamais tout noir, ni tout blanc, mais on prend fait et cause pour le personnage de Jim, pour son charisme, son humour, cette culpabilité qui l'étouffe et cette humanité prête à mordre.
Comme avec La Constellation du chien, Peter Heller nous offre ici un véritable page turner. Des phrases courtes, haletantes, qui s'enchaînent aussi vite que le paysage défile sous les yeux du peintre. Le regard de Jim ne s'apaise que lorsqu'il contemple l'eau filer entre ses jambes quand il pêche ou lorsqu'il se souvient des tableaux qui l'ont marqué au cours de ses voyages.

Nominations :
Grand Prix de littérature américaine 2015

Citation

C'est fascinant, vraiment fascinant de voir combien une queue gênée, avec une éthique, des sensibilités sociales et toutes sortes de raisons de rester chez elle, peut tout oublier d'un coup et se précipiter vers le gros lot à cent mille à l'heure.

Rédacteur: Gilles Marchand mercredi 20 janvier 2016
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