Des garçons bien élevés

C'est le cas le plus ignominieux que j'aie jamais vu. Un crime d'une perversion inouïe. Une histoire avec une fin cauchemardesque.
Kristina Ohlsson - Les Anges gardiens
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 16 janvier

Contenu

Roman - Policier

Des garçons bien élevés

Vengeance - Procédure MAJ lundi 25 janvier 2016

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Tony Parsons
The Murder Bag - 2014
Traduit de l'anglais par Pierre Brévignon
Paris : La Martinière, octobre 2015
428 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-7324-7514-1

Potter's Fields : à la source de l'école

L'inspecteur Max Wolfe enquête sur deux meurtres diamétralement opposés, celui d'un riche banquier et d'un S.D.F. — mais tous les deux ont été égorgés avec un couteau de l'armée et le même message "PORCS" a été laissé sur les lieux du crime. Crime qui est revendiqué sur Internet par un certain "Bob le boucher", prétendant dispenser sa version d'une justice sociale, mais qui pourrait n'être qu'un affabulateur. Cependant, Wolfe découvre que les deux victimes, malgré leurs parcours différents, étaient élèves à Potter's Fields, un de ces collèges huppés dont l'Angleterre a le secret. Lorsqu'un troisième de leur camarade est assassiné de la même façon, la seule question qui se pose est ont-ils été tués à cause de qui ils étaient ou de quelque chose qu'ils auraient fait ? De toute évidence la clé de cette énigme sanglante est à chercher du côté de Potter's Fields trente ans auparavant.
Des garçons bien élevés est le nouveau roman d'une vedette du journalisme à ne pas confondre avec son homonyme, un gourou (coucou) de l'épanouissement personnel. Roman policier inaugural d'une série avec personnage récurrent, il ne brille guère par l'originalité de son intrigue : on se doute du mobile dès le prologue. Une scène clé est repompée au film Seven, et certaines ficelles sont un peu grosse (ce témoin qui attend de faire sa déposition sans raisons valables, sinon pour que l'assassin puisse s'en débarrasser, et une autre qu'on ne peut dévoiler sans déflorer) et, comme souvent, la conclusion est largement plus simple que ce qui l'a précédé malgré une conclusion paradoxalement surprenante. On pourrait croire à l'équivalent littéraire d'un téléfilm du samedi soir s'il n'y avait la patte de l'auteur : le narrateur se remet mal de la mort de son épouse et doit s'occuper seul de sa fille (et de son chien, qui a curieusement droit à de longs développements pas forcément utiles). Un narrateur dont les réflexions se limitent à l'immédiat, qui pourrait n'être qu'un DÀP (Détective À Problèmes, selon l'expression du regretté Michel Lebrun) de plus, mais qui prend plutôt la stature d'un personnage de feu Robin Cook (qui lui non plus est à ne pas confondre avec son homonyme auteur de thrillers médicaux) : tout est subtil, intime, loin des grands traits rassurants du thriller industriel. Cette grisaille British semble s'infiltrer partout, donnant même un côté glaçant à ce qui pourrait être un happy-end basique. Et, bien sûr, comme dans tout roman anglais, le social est très important... À boire et à manger donc, on verra avec le deuxième roman de cette nouvelle série, déjà publié en Angleterre (et au sujet assez proche) pour se faire une opinion.

Citation

Il nous fixait d'un regard ouvertement hostile. Les chiens peu socialisés ont le même genre de regard, pensai-je. Ils n'aboient pas parce qu'ils sont en colère, mais parce qu'ils ont peur.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 25 janvier 2016
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page