L'Alignement des équinoxes

San-Antonio, ça a été d'abord le salut, c'est-à-dire bien gagner sa vie, avoir une vie confortable pour les miens, bien se loger, avoir une maison, avoir tout ce qu'on veut, enfin tout ce qui fait le confort, qu'on est bien dans sa peau, qu'on est bien même socialement, mais ça me tourmentait.
Frédéric Dard - Je me suis raconté des histoires très tôt
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Roman - Thriller

L'Alignement des équinoxes

Psychologique - Ésotérique - Scientifique MAJ samedi 05 mars 2016

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Sébastien Raizer
Paris : Gallimard, mai 2015
480 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-07-014825-7
Coll. "Série noire"

Actualités

  • 18/03 Édition: Parutions de la semaine - 18 mars
  • 25/06 Prix littéraire: Sélections 2015 des GPLP
    La liste officielle des GPLP vient tout juste d'être dévoilée. Fortes de onze romans francophones et de dix-sept étrangers, ces sélections sont marquées sous le sceau des éditions Rivages, Actes Sud, Le Seuil et Gallimard. On repère ci et là quelques perles venues d'ailleurs, et l'on se demande d'ailleurs si elle ne servent pas d'alibi. C'est ainsi que l'on peut joyeusement s'étonner de retrouver le romancier stylé suisse Joseph Incardona pour un petit ouvrage aux éditions Finitude. Étrangement, on ne voit pas comment la palme étrangère pourrait ne pas revenir au Perfidia de James Ellroy, mais quand on débusque le dernier mauvais opus de Don Winslow, on se dit aussi que tous les (dés)espoirs sont permis. Il est dommage que l'un des prix les plus ancestraux et respectés n'offre pas de choix plus osé et opte pour un classicisme forcené. Rendez-vous le 23 septembre afin de connaître les noms des deux lauréats.

    Sélection 2014 du Grand prix de la littérature policière - roman français :
    - Trait bleu, de Jacques Bablon (Jigal, "Polar") ;
    - Une valse pour rien, de Catherine Bessonart (L'Aube, "L'Aube noire") ;
    - Les Initiés, de Thomas Bronnec (Gallimard, "Série Noire") ;
    - Personne n'en saura rien, de Sylvie Granotier (Albin Michel, "Spécial suspense") ;
    - Derrière les panneaux il y a des hommes, de Joseph Incardona (Finitude) ;
    - Hors la nuit, de Sylvain Kermici (Gallimard, "Série Noire")
    - Au fer rouge, de Marin Ledun (Ombres noires) ;
    - Trabadja, de Jean-Paul Nozière (Rivages, "Noir") ;
    - L'Alignement des équinoxes, de Sébastien Raizer (Gallimard, "Série Noire") ;
    - Adieu Lili Marleen, de Christian Roux (Rivages, "thriller") ;
    - Des forêts et des âmes, de Éléna Piacentini (Au-delà du raisonnable).

    Sélection 2014 du Grand prix de la littérature policière - roman étranger :
    - La Vérité et autres mensonges, de Sascha Arango (Albin Michel, "Les Grandes traductions") ;
    - Toutes les vagues de l'océan, de Victor del Árbol (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - À mains nues, de Paola Barbato (Denoël, "Sueurs froides") ;
    - Trame de sang, de William Bayer (Rivages, "Thriller") ;
    - Perfidia, de James Ellroy (Rivages, "Thriller") ;
    - Jackpot, de George Dawes Green (Le Livre de poche) ;
    - L'Enfer de Church Street, de Jake Hinkson (Gallmeister, "Neonoir") ;
    - Ne reste que la violence, de Malcom MacKay (Liana Levi, "Policier") ;
    - Le Moineau rouge, de Jason Matthews (Le Cherche midi, "Thriller") ;
    - Les Assassins de la 5e B, de Kanae Minato (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - Ratlines, de Stuart Neville (Rivages, "Thriller") ;
    - Linda, de Leif G. W. Persson (Rivages, "Thriller") ;
    - Le Bourreau de Gaudí, de Aro Sáinz de la Maza (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - Finsterau, d'Andrea Maria Schenkel (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - Retour à Watersbridge, de James Scott (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - Missing: New York, de Don Winslow (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - Dernier meurtre avant la fin du monde, de Ben H. Winters (Super 8).
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  • 22/05 Édition: Parutions de la semaine - 22 mai

Intrigue tranchante

Ce premier thriller de Sébastien Raizer s'ouvre par une scène hallucinante. Celle de Karen Tilliez, une jeune femme qui semble investie d'une mission divine, et qui décapite au sabre japonais un homme avant de se laisser arrêter par la police. Lorsqu'elle se trouve en cellule, elle discute avec Wolf et semble s'introduire dans son cerveau avant de se laisser mourir par auto-asphyxie. Et ce début n'est qu'un début, justement. Par la suite, on va voir apparaître la police des polices, une prostituée qui s'orne d'un godemichet géant pour se promener et réaliser, elle aussi, son alignement, un hacker, un psychiatre particulièrement allumé, un chef des services de la police qui entend créer son propre bras armé pour s'occuper en profondeur des nouveaux criminels. L'auteur éclate son intrigue entre divers protagonistes. D'un côté nous avons deux policiers aux marges du genre que sont Wolf, un baroudeur impénitent, et Silver, une jeune femme adoptée venant de la lointaine Asie. Ils travaillent quasiment en freelance et sont à moitié engagés dans une structure secrète de la police. Face à eux, la Vipère, un tueur mystérieux, aux motivations étranges, et qui veut réaliser l'alignement des équinoxes, c'est-à-dire créer des êtres humains nouveaux, débarrassés des miasmes de la soi-disant civilisation, en fait juste un carcan. L'auteur développe d'ailleurs une théorie très intéressante sur la civilisation et la barbarie, sur la façon dont la technologie nous enferme et tente de montrer comment nous cherchons de nous-mêmes à être asservis. Paradoxalement, c'est peut-être avec plus de technologie (un peu mystique) que nous pourrions éviter notre propre disparition.
Au début l'on songe à Maurice G. Dantec. Principalement par la volonté stylistique de Sébastien Raizer, faite d'un mélange savant, et combinée de descriptions de lieux ou de personnages, de situations étranges, de dialogues qui oscillent entre des données rationnelles classiques et des envolées métaphysiques aux confins de la science. Ses personnages sont aussi barrés que les héros de Dantec. Gavés de substance pour s'améliorer, admirateurs des armes qu'ils utilisent, ils font le grand écart entre des options zen nées du fin fond des âges et des incursions dans l'ordinateur quantique. Ce sont des samouraïs qui utilisent les caméras de vidéosurveillance et les neurotoxiques pour déformer la volonté de leurs adversaires. Le tout sur fond de musique électronique et de vieux morceaux punks. Sans doute logique quand on sait que l'auteur est aussi éditeur au Camion blanc d'ouvrages sur la musique contemporaine "bruyante".
Porté par une vision du monde, par un sens aigu de la mise en scène, par un style qui n'hésite pas à jouer de la répétition, à l'instar des musiques qui ponctuent la vie des personnages, L'Alignement des équinoxes tient haut la barre de ses ambitions. Sébastien Raizer garde la maîtrise de ses personnages et de son intrigue, ce que n'arrivait pas toujours à réaliser Maurice G. Dantec, emporté par ses visions, au détriment de l'histoire. Encore une voix neuve et forte dans le polar français.

Citation

Les couleurs de l'image étaient un peu trop contrastées et l'éclairage artificiel donnait à la pâleur de porcelaine de son visage une teinte blafarde qui ne lui rendait pas justice, mais qui faisait ressortir ses yeux et ses lèvres comme ceux des acteurs de théâtre kabuki.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 08 mars 2016
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