Le Principe de parcimonie

Quand elles sont bien trempées, tu les mélanges à celles qui sont déjà inutilisables. Mais ne les jette pas, on en a besoin comme preuve des dégâts qu'on a subis.
Andrea Camilleri - L'Âge du doute
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

jeudi 24 janvier

Contenu

Roman - Thriller

Le Principe de parcimonie

Politique - Braquage/Cambriolage - Artistique MAJ mercredi 09 mars 2016

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 14,9 €

Mallock
Paris : Fleuve, février 2016
542 p. ; 19 x 14 cm
ISBN 978-2-265-11445-6
Coll. "Fleuve noir. Thriller"

Ockam non rasoir

On a volé la Joconde ! Un commando est descendu dans le Louvre pour voler l'iconique tableau, blessant au passage un peintre en plein travail. Le commissaire lunaire Amédée Mallock et son équipe sont sur les dents... lorsque le voleur, affublé d'un masque de polichinelle et surnommé Ockham, brûle le tableau en direct sur Internet (on se demande cependant quelle question de droits a cependant poussé l'auteur a orthographier "Monna Lisa" ou "Occam", "Ockham". Nos services mènent l'enquête...) Est-ce un véritable acte de barbarie ou une duperie pour vendre le tableau, voire des copies en douce ? Mais le dessein d'Ockham se précise lorsqu'il commence à enlever et mutiler des personnalités, témoignant de sa haine pour la sphère médiatique et lui attirant un courant de sympathie inattendu dans une opinion en mal de têtes. Pire encore, alors que les exactions continuent, il devient vite évident que les coupables sont plusieurs... Et puis, il y a ce jeune garçon qui se croit enlevé régulièrement par des extraterrestres qui le soumettent à de répugnantes expériences...
Après la nouvelle vogue du genre "dur à cuire" réactualisé, serait-on revenu au temps des génies du crime, comme à l'ère des fascicules, lorsque Fantômas, Belphégor ou Zigomar (réédité récemment aux Moutons électriques, avis aux amateurs) faisaient trembler les foules ? Mais ce destructeur anarchiste présente également une filiation avec l'anti-héros de V pour vendetta/// Des références passées au prisme de l'auteur rétablissant la tradition, depuis Ellery Queen, de prendre le nom de son personnage. Une comédie humaine tragi-comique, doucettement satirique et joyeusement misanthrope, sans longueurs malgré plus de cinq cents pages bien tassées truffées d'observations fort justes, qui rappellent que l'humour est la politesse du désespoir et n'évoquera les mânes de Fred Vargas que pour le kritik paresseux. Hasard du calendrier, une agression particulièrement violente dans un cinéma rappellera de mauvais souvenirs tirés de l'actualité, mais on peut difficilement reprocher à un auteur d'avoir bien capturé le zeitgeist actuel. Si l'identité du coupable n'est pas fracassante, le dernier coup de pirouette de la dernière page laisse une excellente impression. Pas de doute, loin des modes passagères, Mallock s'est bien fait une place dans le polar hexagonal !

Citation

Le lynchage avait, de tout temps, été une des occupations préférées de l'être humain. Pierres, coups de poing, parpaings, briques ou tweets, qu'importe, l'essentiel était de détruire le singulier pour innocenter le pluriel

Rédacteur: Thomas Bauduret mercredi 09 mars 2016
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page