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mercredi 23 janvier

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Roman - Thriller

Un monde meilleur

Fantastique - Terrorisme MAJ jeudi 10 mars 2016

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Marcus Sakey
A Better World - 2014
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Sébastien Raizer
Paris : Gallimard, février 2016
432 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-07-014588-1
Coll. "Série noire"

Autant en emporte le mutant

Dans les années 1980 sont nés des enfants "différents", surdoués ou dotés de pouvoirs surnaturels, appelés au choix "Brillants" ou "Anorm". Pendant que la société se demandait ce qu'en faire, ils ont grandi... Certains sont devenus utiles, d'autres néfastes : on a donc créé donc le DAR, le Département d'Analyse et de Réponse, chargé de gérer les problèmes éventuels liés à ces anomalies. Mais un terroriste du nom de John Smith lance une campagne d'attentats meurtriers. Nick Cooper, "Brillant" lui-même (il lit le langage corporel comme dans un livre), et agent numéro un du DAR tente de remonter le réseau... jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il a été trahi par ses chefs ! Or voilà qu'un groupe de "Brillants", les Enfants de Darwin, lance une série d'attaques terroristes. Une partie des "Brillants" se sentent en effet supérieurs aux humains et donc considèrent qu'ils doivent les dominer. Mais est-ce une manipulation de plus ? Qui aurait intérêt à déclencher une guerre civile ?
Il est révélateur de l'évolution du genre que le titre phare des "70 ans de la Série Noire" soit un thriller de science-fiction. Un monde meilleur est un titre qui mêle le meilleur du roman populaire, de la BD et du cinéma. Certes, il s'agit d'une variation sur le thème des X-Men, mais somme toute, Apparition des surhommes de B. R. Bruss abordait la même thématique. Ici, nous baignons entre espionnage et action avec en prime quelques piques à notre monde actuel post-11-Septembre et post-Bush. Bref, la preuve que la SF a encore des choses à dire lorsqu'elle cesse de se regarder le nombril en se lamentant sur un "âge d'or" fantasmé. Si la surprise n'est plus là, le roman continue d'élaborer sur ces thèmes, d'abord en prenant des atours de roman-catastrophe avec ce soudain état d'urgence suivi de pénurie rappelant vaguement ce qui s'est passé à la Nouvelle-Orléans, ensuite avec cette tendance de nos dirigeants d'user et abuser des boucs émissaires politiquement corrects du jour. Le tout sous l'aspect d'un roman d'action qui, curieusement, fait parfois penser au regretté Yal Ayerdhal, avec ses 4 x 4 noirs chers à Tony Scott, et une fin mouvementée ménageant quelques surprises. On échappe à l'écueil du deuxième volume d'une trilogie (en gros, répéter ce qui fut posé dans le premier volume en tournant en rond pour conclure que bon, il ne s'est pas passé grand-chose cette fois-ci, mais 'tention, achetez le troisième, ça va dépoter) pour poursuivre sa réflexion en forme de douce satire. Un best-seller mêlant les ingrédients à la mode avec quelques neurones de plus que la moyenne ? Avouez que ça devient rare de nos jours !

Citation

Le terme mâle alpha évoquait quelque chose de primitif, mais en vérité, il s'appliquait à un exercice plus subtil et plus puissant que la simple supériorité physique. Le désir d'organiser les choses était inscrit dans l'ADN. Les groupes réussissaient mieux que les individus. Et donc, a priori, les individus autour desquels se formaient naturellement les groupes étaient très attirants. Un avantage pour la survie, renforcé par l'évolution.

Rédacteur: Thomas Bauduret mercredi 09 mars 2016
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