La Conjuration florentine

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Roman - Thriller

La Conjuration florentine

Historique - Assassinat - Complot MAJ mercredi 03 août 2016

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 7,9 €

Gérard Delteil
Paris : Points, novembre 2015
480 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-7578-5622-2
Coll. "Thriller", 4222

Borgia contre Savonarole !

Depuis quelques années, Jérôme Savonarole dénonce la corruption de l'Église romaine, des élites florentines, et enflamme par ses prêches virulents une partie de la population de la cité. Laurent le Magnifique est décédé depuis cinq ans. Les prêches sont imprimés et des extraits sont diffusés parmi la population. Cette situation agace fortement Alexandre VI Borgia, le pape, qui missionne l'évêque Castellesi, son secrétaire et confident, de trouver une solution pour éliminer ce gêneur. Leur choix, quelques jours plus tard, se porte sur un novice de vingt ans, revenu de l'université de Bologne au couvent de l'Aracoeli. Stefano Arezzi, dont la foi frise le fanatisme, doit tout à l'Église et se déclare prêt à tuer un hérétique. Après une formation minimale au maniement d'armes, il part comme précepteur pour Florence muni d'une Bible truquée cachant un assortiment de poisons. Reçu au sein de la famille de maître Turca, un riche drapier-lainier, il a en charge l'éducation de deux enfants, une adolescente et son jeune frère. Mais c'est l'épouse qui lui donne ses premières leçons amoureuses. Il rencontre le dominicain qui l'impressionne, puis il fait la connaissance d'Antonella Serafini, une jeune et belle veuve qui organise des fêtes en son luxueux domicile. La réalisation de sa mission se complique d'autant que les complots se succèdent et que les ennemis du prédicateur se multiplient.

Gérard Delteil s'inscrit d'abord comme un romancier même s'il reste au plus près de la vérité historique pour le déroulement des événements, la restitution de l'atmosphère, du cadre politique et social, du décor où évolue sa galerie de protagonistes. Il en est de même pour la description et l'animation des personnages historiques qui peuplent son récit. Il décrit, même s'il reconnait une certaine simplification, la situation complexe de la ville, partagée entre de nombreuses factions aux intérêts contradictoires. Avec son jeune héros, il fait découvrir toutes les composantes sociales de Florence, de la plèbe à l'élite. Comme partout et en tous temps, la fortune de Florence, son éclat, n'ont profité qu'à une oligarchie restreinte vivant fastueusement pendant que des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants travaillaient très durement dans les ateliers textiles.
Il élabore une intrigue homogène, fort bien orchestrée jusqu'à une chute finale sous tension. Il revient sur l'un des symboles les plus célèbres, à savoir "le Bûcher des vanités" quand le prédicateur fit faire en énorme autodafé d'objets et d'œuvres jugés licencieuses. Cependant, la vérité historique n'est-elle pas éloignée d'un fait, exagéré volontairement à l'époque, pour affaiblir le moine et l'amener, petit à petit à la mort par pendaison puis sur le bûcher ? Sur le fond, il est à peu près certain qu'Alexandre VI a tenté de faire assassiner le dominicain n'ayant pu le corrompre en lui proposant le chapeau de cardinal.
Le romancier n'a pas voulu, non plus, restituer à l'identique le vocabulaire usuel dans ces lieux, à l'époque, retranscrivant plutôt les termes des documents consultés en une terminologie d'aujourd'hui, plus facile pour en saisir le sens et ce que recouvrent les termes. Gérard Delteil fait revivre une belle page d'histoire, riche et attractive, avec une galerie de personnages "gratinée" depuis le moine en passant par Machiavel, jusqu'à la cour du pape, le tout lié par une intrigue subtile, cohérente par rapport à la relative vérité historique. Un roman passionnant de bout en bout !

Citation

Certes, mais nous n'allons pas attendre qu'ils l'aient pendu ou exilé, s'ils y parviennent. J'entends que son sort soit réglé définitivement le plus tôt possible. Mais il faut agir dans la plus grande discrétion.

Rédacteur: Serge Perraud dimanche 29 mai 2016
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