Le Souffleur : dans l'ombre des négociations du RAID

Un monde inconnu de mécanique animale apparaissait, offrant, comme boucherie à l'étal, le théâtre intérieur d'une vie avant que la corruption des chairs vînt tout emporter.
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Mémoires - Policier

Le Souffleur : dans l'ombre des négociations du RAID

Terrorisme - Procédure - Prise d'otage MAJ vendredi 21 décembre 2018

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Danielle Thiéry & Christophe Baroche
Préface de Michel Saint-Yves
Mareuil, mars 2016
272 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-37254-031-5

Bernardo, faux sourd, vrai muet

C'est un témoignage de première main que celui de Christophe Baroche, dit Bernardo, pionnier du profilage psychologique en temps de crise. Un témoignage extraordinairement documenté évidemment : celui d'un homme qui a passé seize années de sa vie au RAID, a traité cent cinquante "affaires" et a fabriqué littéralement le poste. Souffleur ? Cela consiste en un maximum de stress qu'il faut gérer. Le sien, celui des policiers engagés sur le terrain, celui des terroristes ou des preneurs d'otage. Le tout en un minimum de temps. Établir un diagnostic, un profil, à quelques mètres parfois du forcené. Évaluer les risques, d'agression ou de suicide. Au RAID, il a tout inventé, recruté à force d'obstination. Pendant quatre ans, il va littéralement faire le siège de la fameuse institution, téléphoner matin et soir pour tenter de convaincre le patron. Jusqu'au jour où ce dernier l'appelle et lui propose un contrat : une intervention, en tant que psy, un jour par semaine. Christophe Baroche s'y accroche, vient en fait tous les jours. Jusqu'à se rendre indispensable. Il raconte alors ses seize années, la fonction qu'il a fallu bricoler au début, ses origines américaines enracinées dans les grandes émeutes de prisonniers des années 1970. Il raconte avec passion, livre de menus détails, comme ces petits mots que le psy passe au nego, qui tient le forcené au téléphone. Il raconte dans la foulée son itinéraire. Christophe Baroche voulait être flic, pas psy. Flic à la Crim'. Mais la vie en a décidé autrement. Alors il a fait psycho, s'est spécialisé en criminologie, et puis... il a fait ce siège du RAID, à une époque où le RAID ne savait que faire d'un psy. Le RAID... L'élite. Des types à très forte personnalité, volontiers extravagants, dont il relate le quotidien. Et puis sa première intervention, loin du terrain. Au téléphone. Tout va très vite. Trop. Il raconte ses affaires. La philosophie de la négociation de crise, en France, dans le monde. Comment, à partir des années 1970, on commença à penser qu'il fallait éviter les assauts, si coûteux en vie humaine. Témoin exceptionnel, il nous fait vivre ces négociations. Aujourd'hui, quatre-vingt pour cent des prises d'otage se règlent ainsi. L'ouvrage est un témoignage captivant, celui d'un homme qui se livre à Danielle Thiéry, une femme de lettres qui connait le terrain pour l'avoir bien arpenté.

Citation

Je me prendrais presque pour le héros de Camus quand il dit dans Les Justes, en 1949 : 'Je me suis fait policier pour être au cœur des choses !'

Rédacteur: Joël Jégouzo jeudi 09 juin 2016
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