Piégée

La plupart des assassins sont retrouvés dans les soixante-douze heures suivant leur crime. Le comté s'inquiète aussi du coût de l'enquête. On dirait que c'est difficile de les convaincre qu'une épidémie de meurtres de prostituées constitue une menace à la sécurité publique.
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Contenu

Roman - Noir

Piégée

Social - Enlèvement - Drogue - Trafic MAJ vendredi 31 mars 2017

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Lilja Sigurdardóttir
Gildran - 2015
Traduit de l'islandais par Jean-Christophe Salaün
Paris : Métailié, mars 2017
336 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 979-10-226-0633-2
Coll. "Noir - Bibliothèque nordique"

Une revigorante sobriété

Reykjavík, 2010-2011. Prise à la gorge financièrement, Sonja Gunnarsdóttir, lesbienne en rupture de vie conjugale, s'est laissée prendre à un piège qui l'oblige à jouer les mules passeuses de drogue dans l'espoir de récupérer un jour la garde de Tómas, son fils. Agla Margeirsdóttir, sa compagne portée sur la boisson, travaille dans une banque prise dans la tourmente financière, où elle sert de pare-feu à Jóhann, son patron, ce qui lui vaut d'être l'objet d'une procédure judiciaire. La vie de Bragi Smith, le vieux douanier fortement incité à prendre sa retraite, est rythmée, elle, par les contraintes de l'Alzheimer de sa femme, mais il n'a pu éviter de remarquer l'élégance d'une passagère fréquente de l'aéroport, surtout quand il constate qu'elle est suivie par Ríkhardur Rúnarsson, colosse bien connu de la police nationale. Pour faire face aux exigences croissantes de ses commanditaires et ne se fiant pas suffisamment à la méthode dite des appâts (consistant à faire arrêter volontairement quelqu'un pour un délit mineur, afin de détourner la surveillance), Sonja est amenée à empoisonner les deux chiens renifleurs de drogue des douanes islandaises et les choses se corsent lorsque, sur le point d'être prise sur le fait, elle trouve un subterfuge qui lui permettra de se libérer de ses "obligations". Mais c'est alors que Tómas est kidnappé. L'affaire prend un tour inattendu et s'achemine vers une fin tout à fait inhabituelle pour un roman policier, ce qui incite le lecteur à se demander si c'en était vraiment un, au fond.
L'action est longue à démarrer mais, une fois nouée, elle progresse de façon captivante au fil de cent vingt-cinq chapitres pour la plupart très brefs qui donnent beaucoup de rythme au roman. Contrairement à une pratique dorénavant très répandue, l'auteur ne multiplie pas les sous-intrigues et n'accumule pas les pistes, vraies ou fausses. La lecture s'en trouve facilitée car l'intérêt n'a plus à s'éparpiller. Elle a fait le pari de la rigueur et de la sobriété plutôt que du spectaculaire en vogue, et il convient de saluer un choix plutôt courageux, au rebours des habituels impératifs commerciaux. Le trafic de drogue n'est certes pas d'une originalité folle, mais il est traité sous un angle qui lui redonne de l'intérêt, grâce à une sorte de banalité qui le rend tout cela crédible. Il en va de même pour le thème de l'homosexualité, ici féminine, qui est peut-être une concession à une mode en vigueur mais qui est assez bien intégrée au reste pour ne pas faire l'effet d'un corps étranger introduit pour lui-même ou pour répondre à un impératif d'ordre purement mercantile. Au total un livre qui se lit bien et qui laisse une certaine trace dans la mémoire, à la différence de bien d'autres de son genre. Pas si mal pour un début !

Citation

La liberté. Une putain de liberté dans ce qu'elle avait de plus impitoyable.

Rédacteur: Philippe Bouquet vendredi 10 février 2017
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