Tout ce qu'ils méritent

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Roman - Policier

Tout ce qu'ils méritent

Historique - Social - Vengeance - Assassinat MAJ lundi 20 mars 2017

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,9 €

Patricia Rappeneau
Riom : De Borée, mars 2017
284 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-8129-2043-1
Coll. "Marge noire"

Suffragette au couteau

Au début du XXe siècle, la France vit une période de tumulte et de révolutions. Non pas tant des situations politiques orageuses que des changements sociaux nécessaires mais repoussés. La crise fut entamée par la séparation des églises et de l'État et cet événement chamboula les esprits. Si Paris fut touché, la France profonde le fut également. Les mouvements féministes commencèrent à prendre leur essor et les femmes estimèrent à juste titre que le moment était venu de monter le ton.
Dans ce nouveau roman de Patricia Rappeneau, nous nous retrouvons à Semur, une petite ville que, dès que l'on s'en écarte un peu, l'on retrouve des campagnes restées en l'état, n'ayant pas changé depuis des siècles - ce sera d'ailleurs le cas jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale. Il existe encore des curés au pouvoir influent, des petits hobereaux qui achèvent leur lent déclin, quelques cocottes, une masse prolétaire qui oscille entre le monde agricole et les nouveaux métiers industriels. Pour surveiller ce monde, il se trouve dans les grandes villes des transformations radicales évoquées dans le roman : police urbaine des Brigades du Tigre, expertise scientifique pour analyser les scènes de crime. À la campagne, la France reste encadrée par la gendarmerie, le plus souvent à cheval, qui doit composer avec les pouvoirs locaux et un monde qui se tait. Des crimes vont secouer la petite ville : des chauffeurs viennent de nuit brûler les pieds des honnêtes citoyens et essayer de leur faire avouer les caches de leurs magots. Pourtant, après l'incendie d'une ferme, quand on retrouve les paysans et leurs assaillants carbonisés, on commence à se poser des questions. Lorsque, quelques jours plus tard, c'est un homme de la ville qui est retrouvé assassiné, les testicules percés de nombreux trous, la panique commence à gagner Semur. Pour juguler cette peur, et arrêter les éventuels coupables, il y a André, un gendarme bien entreprenant. On jase lorsque l'on voit qu'il s'acoquine avec un patron de café que l'on souponne de ne pas être toujours en règle avec les lois. Heureusement qu'il y a en ville un curé honnête et sa bonne, Rose Caleu, toujours prête à rendre service !
Parmi tant d'autres, il se trouve un petit moment d'humour mettant en scène ce gendarme qui a perdu l'un de ses boutons. C'est étrange car le roman lui est empli de détails historiques qui sonnent vrai, comme si, justement, il ne manquait pas un bouton de guêtre. Le roman est très enlevé en présentant principalement deux personnages qui n'ont pas froid aux yeux et qui, chacun a sa manière, tentent de faire avancer la cause des femmes dans ce début de siècle. Si certains personnages retroussent des jupons, le récit est lui aussi bien troussé, faisant alterner l'Histoire, à travers les personnages du gendarme, du cabaretier, de l'assassin (car l'on sait rapidement qui est le coupable, mais cela n'est pas de grande importance). Tout ce qu'ils méritent aurait pu figurer, comme début de série, dans le catalogue "Grands détectives" des éditions 10-18, tant il est un mélange réussi entre les informations historiques, la reconstitution de la vie quotidienne, et les mentalités, en milieu rural en 1908, et une intrigue intelligente.

Citation

Elle sortit son coutelas et coupa les liens. le corps de la gamine s'affaissa au sol. Elle lui enfonça son bonnet de coton jusque sur le nez, et puis, se tournant vers le vieux père Poillot, elle l'empoigna et le força à se lever.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 20 mars 2017
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