La Ville de la peur

Nous avions appris ensemble, dans une sorte de cours d'histoire, qu'un bon moyen de cacher quelque chose est de le laisser bien en vue. La plupart des gens négligent ce qui est évident, et comme convenu j'avais donc trouvé ce quelque chose scotché sous la table à laquelle je m'installais toujours.
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Contenu

Roman - Policier

La Ville de la peur

Historique - Assassinat - Complot MAJ mardi 23 mai 2017

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 8,8 €

Jean d'Aillon
Scénario adapté de l'œuvre de Arthur Conan Doyle
Paris : 10-18, février 2017
480 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-264-07061-6
Coll. "Grands détectives", 5167

Holmes en danger !

Jean d'Aillon poursuit la rédaction des Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson. Avec le présent roman, il parodie La Vallée de la peur, un titre de Sir Arthur Conan Doyle, donné en 1915 pour une enquête de Sherlock. Nous sommes en janvier 1393. Après le bal des Ardents, le duc d'Orléans veut s'assurer qu'il n'y a pas de survivants parmi ceux qu'il a voulu incendier. Il est rassuré quand il voit le cadavre de Hugonin de Guisay, le dernier des amis du roi, celui qui sait tout. L'action se transporte en janvier 1423, à Rouen où le gouverneur de Normandie négocie avec l'envoyé du duc de Bedford, le régent du royaume de France. Celui-ci a besoin d'or pour payer les conseillers du parlement, et d'hommes pour lutter contre les Armagnacs. La petite troupe, sous le commandement de Robert le Bègue, n'arrivera jamais à destination. À Paris, un proche serviteur du Régent est assassiné, son hôtel incendié, alors qu'un homme obligé de cacher un visage dénaturé et ses handicaps physiques s'introduit dans la ville par la Seine gelée. Sa visite, chez un notaire, déclenche une série de catastrophes. La vision de son visage fait mourir le tabellion et fuir ses domestiques qui jurent, à qui veut les entendre, que c'est la Mort qui est entrée dans la maison. Holmes reçoit la visite de Gentillette Audeloncourt, une veuve qui fût proche du fils de Charles V. Elle a été cambriolée mais elle tient à ce que Holmes retrouve une coupe offerte par cet homme. Isabeau de Bavière, la reine, est inquiète car la disparition du notaire risque d'entraîner la découverte d'un secret. Elle convoque, un tueur qu'elle tient à sa merci et le charge de récupérer, coûte que coûte, un document dont le contenu ne doit pas être dévoilé. Gentillette est assassinée et Holmes accusé du meurtre...

Pour l'action de ce troisième volet de ses chroniques, Jean d'Aillon retient le mois de janvier 1423, une période où le pays connaît une froid intense qui pousse les loups à entrer dans la ville, bien avant ceux chantés par Serge Reggiani. Le cadre climatique entre comme élément de l'intrigue avec la situation politique particulièrement confuse. Deux factions se livrent une guerre sans merci : les Armagnacs et les Bourguignons pendant que les Anglais, de fait, gouvernent la France en toute légalité. C'est par le traité de Troyes signé en mai 1420, qu'Isabeau de Bavière déshérite le Dauphin, le futur Charles VII au profit d'Henry V, le roi d'Angleterre. C'est son frère, Jean de Bedford qui s'autoproclame régent du royaume de France suite au décès du roi en titre. Holmes est un clerc réputé et Watson un archer. Ce dernier est l'amant de Constance Bonacieux, une riche veuve.
Jean d'Aillon appuie son intrigue sur la survie d'Hugonin de Guisay, l'un des favoris du roi, brûlé lors du fameux bal entré dans l'Histoire sous le nom du bal des Ardents ou bal des Sauvages de janvier 1393. Charles VI en réchappe mais quatre nobles périssent brûlés dans leurs déguisements enduits de poix. Des historiens pensent que ce n'est pas accidentel et qu'il y a eu volonté de tuer.
S'inspirant du célèbre couple d'enquêteurs immortalisés par Sir Arthur Conan Doyle, Jean d'Aillon réécrit des aventures au cours d'une période fort troublée de l'histoire de France, au cœur de ce qui fut appelé, au XVIIIe siècle, La Guerre de Cent ans. Le royaume se déchire sous l'impulsion d'ambitions démesurées. Le romancier sort cette période relativement peu connue de l'ombre et en révèle toute la richesse en événements plus ou moins glorieux, plutôt moins que plus !
Ce roman hautement documenté tant pour les personnages authentiques qui le peuple que pour les détails de la vie quotidienne se lit avec plaisir une fois que l'on a bien cerné le rôle et la place de tous les acteurs historiques.

Citation

Durant un moment, Isabeau de Bavière dévisagea en silence celui qui, seize ans plus tôt, avait assassiné son amant le duc d'Orléans, père de plusieurs de ses enfants. Elle était belle alors, et la douleur du temps passé l'étreignit.

Rédacteur: Serge Perraud mardi 21 mars 2017
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