La Conspiration du Globe

L'humanité est comme un chien errant, pouilleux et affamé qui n'arrête pas de traverser l'autoroute dans un sens et dans l'autre. Tôt ou tard il se fera écrabouiller par une bagnole.
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lundi 16 septembre

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Roman - Policier

La Conspiration du Globe

Historique - Assassinat - Complot MAJ jeudi 04 mai 2017

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 7,5 €

François-Henri Soulié & Thierry Bourcy
William Shakespeare (sujet d'ouvrage)
Paris : 10-18, avril 2017
264 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-264-07065-4
Coll. "Grands détectives", 5190

Que ne ferait-on pas pour accéder au pouvoir !

En ce 2 mars 1603, Helen, la jeune habilleuse du Globe, s'apprête à ranger les costumes de ceux qui assurent les rôles de Rosencrantz et Guildenstern dans Hamlet. Elle découvre les deux comédiens poignardés. Lord Edward Dawson, le commandant de la garde de Sa Majesté mène l'enquête car Shakespeare a su gagner les bonnes grâces d'Elisabeth Ière. La cuisinière du théâtre livre un premier indice. Au moment du salut final, un homme lui a montré un billet avec les noms des personnages joués par les comédiens. Elle les a désignés pensant que c'était un de leurs compagnons de beuverie. Shakespeare comprend la méprise, il avait invité les vrais diplomates danois à la représentation. Ces négociateurs, que le dramaturge connaît depuis des années, sont dépêchés par Christian IV du Danemark pour négocier une alliance stratégique avec l'Angleterre. Elisabeth est en réunion de travail avec eux quand Dawson vient annoncer la nouvelle et la menace qui pèse sur les deux Danois. La reine convoque le dramaturge sur le champ. Lorsque celui-ci arrive, la duchesse de Dorchester, qui le hait, est présente. Elle ouvre le feu suggérant que c'est à lui de dénouer une intrigue dont il a composé le nœud. Dans le cours des débats, quand Guildenstern évoque Tycho Brahé, si fier d'avoir servi de modèle pour Hamlet, Elisabeth se souvient que la duchesse lui avait parlé de la mort tragique de ce dernier à Prague, mais qu'un homme fort habile avait confondu le coupable. Elle charge Lady Dorchester d'aller le chercher et de le ramener pour qu'il épaule Dawson.
Le capitaine Josef Kassov ne peux pas deviner dans quel nid de serpents il va mettre les pieds...

C'est autour du Globe, le légendaire théâtre de Shakespeare, que les auteurs développent leur nouvelle intrigue mettant en scène le capitaine Kassov et son neveu, des personnages que l'on retrouve avec grand plaisir. Ils s'appuient, pour structurer leur conspiration, sur la situation politique complexe qui règne à Londres en ce début d'année 1603. Ils font état des excellentes relations que le dramaturge entretenait avec la reine. Celle-ci le considérait comme "un homme avisé et sensible susceptible de lui dresser, en ces temps troublés où catholiques et protestants déchiraient l'Europe, le plus fidèle tableau de Londres et de ses sujets". Même si elle n'atteint pas les pics du XIVe siècle qui ont ravagés les populations et marqués durablement les esprits, la peste est endémique et encore très présente. Les prêcheurs comme Thomas White ne manquent pas de s'en servir : "la cause de la peste est le péché... La cause du péché est le théâtre. Par conséquent la cause de la peste est le théâtre." (CQFD !) De plus, qu'une femme soit à la tête de l'Église anglicane dérange singulièrement les religieux. Et Elisabeth laisse en suspens la désignation de sa succession, la "Reine vierge" n'a pas de descendants directs. Tous ces éléments concourent à aiguiser les appétits de pouvoir et, parmi ceux qui se dessinent, les familiers de Sa majesté ne sont pas les derniers.
Shakespeare, ainsi que les personnages de Hamlet concourent également à l'intrigue, le premier pour avoir pris comme modèle du protagoniste principal de sa pièce, le prince Tycho Brahé. Celui-ci a eu un parcours ambitieux et les derniers moments de sa riche existence ont été racontés par les deux auteurs dans Le Songe de l'astronome (10-18 "Grands Détectives", n°5147).
Utilisant ces événements, ces personnages avec brio, Thierry Bourcy et François-Henri Soulié tissent une intrigue subtile aux nombreux rebondissements, où l'action, très présente, n'occulte pas les données et information historiques. Ils dressent une série de portraits ciselés, finement élaborés tant pour les personnages authentiques que pour ceux de fiction. Enfin, ils livrent une vision remarquable des derniers jours d'Elisabeth Ière. Celle-ci décédera en effet le 24 mars 1603.
Après l'excellent Songe de l'astronome, Thierry Bourcy et François-Henri Soulié confirment, si besoin était !, leur art du récit historique tant pour la richesse des apports et informations que pour une intrigue menée avec maestria.

Citation

Le voyage vers Prague vous est familier, Margaret. Et vous connaissez bien Rodolphe, n'est-ce pas ? C'est à vous que nous confions la mission de ramener ce capitaine... Kassov.

Rédacteur: Serge Perraud mercredi 19 avril 2017
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