Un jour en mai

Noah, mon ami. J'espère que tout va bien. Je devine le tumulte dans ta tête, toutes ces questions que tu te poses à mon sujet.Tu te demande qui je suis, et pourquoi je te parle à travers mes œuvres ou encore pour quelle raison je t'expédie ces lettres au risque de m'exposer.
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mercredi 19 décembre

Contenu

Roman - Noir

Un jour en mai

Social - Vengeance MAJ mercredi 04 novembre 2009

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

George P. Pelecanos
The Turnaround - 2008
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Étienne Ménanteau
Paris : Le Seuil, septembre 2009
294 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-02-097095-2
Coll. "Policiers"

Une société américaine en proie aux affres des guerres

Printemps 1972. Trois jeunes Blancs ivres et drogués qui font les malins dans une bagnole, un soir, dans un quartier défavorisé, vont provoquer des Noirs. L'accrochage est inévitable. Les coups pleuvent. Mais pas que les coups physiques. Une arme à feu est sortie. Car en face de Billy Cachoris, Peter Whitten et Alex Pappas, se trouve Charles Baker libéré. Billy est tué. Les deux autres s'enfuient mais gardent des séquelles. Comme la justice est alors bien faite, les Noirs sont jugés, condamnés.
Trente-cinq ans plus tard, les survivants de ce drame vont se croiser. Les Blancs ont réussi s'attirant les foudres d'un Charles Baker qui veut, lui, se refaire. Enfin, s'il y a eu réussite en apparence, chacun garde en lui un souvenir de cette nuit-là où tout a capoté. À cette casserole s'en rajoutent bien d'autres. Car dans un pays en guerre contre le terrorisme, chacun pleure ses fils morts en Afghanistan ou en Irak.
Lire un roman de George P. Pelecanos est toujours l'assurance de se plonger dans un univers que l'on connait. Il y a l'atmosphère, le ton, la poésie et des personnages fouillés, complexes, attirants. Ce mélange de culture américaine, ces sons jazzy qui nous viennent aux oreilles et qui s'accompagnent, là est le talent de Pelecanos, de cette autre touche qui nous dépayse. Ici, l'on découvre des personnages hantés par leurs souvenirs, forcés de lutter contre leurs peurs présentes, en proie au doute. Le tout dans un roman qui est un véritable panégyrique contre la guerre et la souffrance sans pour autant sombrer dans le mélo. Qui exclue toute notion de pathos. Froid. Brut. Et c'est pour tout ça que l'on est content à chaque fois que l'on retrouve un nouveau roman de Pelecanos !


On en parle : Carnet de la Noir'Rôde n°40 |La Tête en noir n°145 |La Tête en noir n°141

Nominations :
Prix du meilleur polar des lecteurs de Points 2010

Citation

- Son père m'a trouvé du boulot dans la grande imprimerie à l'extérieur d'Indianapolis. On y imprime et relie des livres. C'est la qu'on a imprimé le Da Vinci Code.
- Je n'en ai jamais entendu parler.

Rédacteur: Julien Védrenne vendredi 30 octobre 2009
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