Glacée jusqu'au zoo

En général, je ne fais guère attention à ce qui se dit ou ce qui se passe autour de moi. Un rêveur, voilà ce que pensent la plupart des gens à mon sujet. Mais ce n'est pas ça : je ne suis pas un songe-creux, un Jean-de-la-lune. Je ne poursuis pas de chimères. Je me collette au réel et je m'efforce de m'y adapter, c'est tout. Survivre jour après jour, comme tout un chacun.
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mercredi 19 juin

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Roman - Thriller

Glacée jusqu'au zoo

Énigme - Vengeance MAJ dimanche 01 novembre 2009

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 12 €

Mary Willis Walker
Zero at the Bone - 1991
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Laurence Kiéfé
Paris : Liana Levi, septembre 2009
396 p. ; 18 x 12 cm
ISBN 978-2-86746-519-2
Coll. "Piccolo", 23

American schizoo

Katherine Driscoll est acculée (ce sont des choses qui arrivent) : l'élevage canin dont elle est propriétaire est en faillite et la banque va saisir son domaine dans quinze jours. Saloperie de crise ! Et pour couronner le tout, voilà que son père (dont elle n'a plus de nouvelles depuis trente ans) lui envoie un courrier accompagné d'une clé. Mystérieuse, la clé, forcément. Il pourra, affirme-t-il, résoudre tous ses problèmes pourvu qu'elle vienne lui rendre visite à Austin. Elle se résout à aller le voir, bien qu'elle soit en froid avec toute sa famille depuis son enfance. Comme c'est vraiment pas la bonne période, elle se pointe au zoo d'Austin (où travaille son vieux), le jour où celui-ci se fait bouffer par un tigre. Quand ça veut pas, ça veut pas. Pour tenter de démasquer le meurtrier de son père (et accessoirement de récupérer le pognon), elle se fait engager au zoo. Mais il ne reste qu'une place vacante, dans le bâtiment aux reptiles. Mince, ça tombe mal, elle a la phobie des serpents. Quand on vous disait qu'elle n'a pas de bol…

Ils sont quand même forts, ces Américains ! Tout, dans ce livre, a déjà été lu des dizaines de fois. Rien d'original, ni dans l'intrigue, ni dans la construction. Et pourtant, ça marche. Prenez, pèle-mêle : une récente-orpheline-au-traumatisme-d'enfance-enfoui-dans-son-subconscient, des secrets de famille cachés depuis des décennies, une vengeance trente ans plus tard, un meurtrier caché parmi les collègues de boulot, des malversations financières, des courses poursuites, des animaux sauvages (pour faire frissonner les nostalgiques d'Out of Africa), des morsures de vilains serpents très venimeux que, mince !, justement, il n'y a plus de sérum en pharmacie (bon, là, j'en rajoute un peu…), un soupçon d'érotisme, une passion amoureuse et des vilains pas beaux qui se révèlent plus gentils que prévu.

Y en a un peu plus, je laisse ?

Eh bien contre toute attente, ça fonctionne. Sans surprises ni renouvellement du genre, mais c'est efficace. Certainement parce que c'est écrit sans complexe, avec l'ambition avouée de faire passer agréablement quelques heures de lecture, sans plus. Pari réussi, on a du mal à fermer le bouquin passé le premier quart du livre, un poil longuet.

Alors oui, il y a des défauts. Du tirage à la ligne, les sempiternels chapitres en italiques où l'on suit les pensées du tueur, quelques passages ratés (LA scène de baise obligatoire est à mourir de rire, digne des chefs-d'œuvre érotiques des années 1990 sur M6), mais d'autres au contraire ont un vrai potentiel, et l'on se demande ce qu'auraient donné certains chapitres entre les mains d'écrivains un peu plus déjantés (je vous recommande le moment de l'accouplement des rhinocéros).

À essayer.

Citation

C'est le zoo de Francfort qui nous la prête à des fins de reproduction et il a fallu plusieurs douzaines d'autorisations diverses pour l'amener, sans compter un délai de deux ans et une petite fortune. Tout ça pour ce moment, dit-il en montrant Teddy. J'espère qu'il n'est pas pédé.

Rédacteur: Maxime Gillio dimanche 01 novembre 2009
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