Fallen Angel

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lundi 20 novembre

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Roman - Policier

Fallen Angel

Assassinat - Artistique MAJ samedi 16 septembre 2017

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Stéphanie Janicot
Paris : Albin Michel, mars 2017
276 p. ; 21 x 15 cm
ISBN 978-2-226-39636-5

Dans les coulisses du paradis

C'est le réveillon de la Saint Sylvestre. Maître Martinaud, notaire, est convoqué au bureau du commissaire Gallien. Heu... non, attendez, ça c'est le début de Garde à vue. Autant pour moi. Je recommence. C'est le réveillon du 24 décembre, Sybille, jeune journaliste à France Hebdo, est dépêchée pour couvrir le concert du Fersen Orchestra, dirigé par celle que l'on compare à Mozart selbst (ça veut dire himself en allemand... si l'on se réfère à Google translate) : Lucie Fersen. Le génie de la musique moderne, à la voix cassée, après différentes périodes, dont une consacrée au rock, est devenue un véritable chef d'orchestre, admirée, glorifiée, idolâtrée, bref, son show n'est pas un événement, il est L'ÉVÉNEMENT ! Et ce coup-ci, il l'est d'autant plus que la star s'effondre en plein milieu d'un morceau, au moment où deux cymbales se sont touchées, comme dans un film d'Alfred (qui vous passe le "bonjour" d'ailleurs). Sauf que dans L'Homme qui en savait trop (version 1956), le tireur porte bien mal son nom puisqu'il est neutralisé avant de tirer. Là, le tireur a bel et bien tiré. C'est pour ça que Lucie Fersen s'est effondrée et a été emmenée d'urgence à l'Hôpital Américain de Neuilly (où trépassent la majorité des célébrités). Sybille, si elle mène correctement sa barque, ça va lui faire un reportage d'enfer. Surtout que parmi les flics qui enquêtent, il y a une amie à elle : Anouk. De quoi avoir des infos de première main... ou d'en donner.
Fallen Angel est un polar de facture classique : un meurtre, une enquête et, ce qui semble être à la mode en ce moment, deux points de vue qui alternent de chapitre en chapitre (quasiment) : celui de l'enquêteur et celui du meurtrier. Mais là où Stéphanie Janicot, je ne dirais pas "innove" mais "surprend" le lecteur c'est que la résolution de l'énigme, si on ne la perd jamais de vue, n'est pas ce qui monopolise l'attention. En effet, il y a un petit côté Citizen Kane à ce roman. Car en suivant Sybille, Anouk, puis Benjamin (oui, il faut bien un mec quand même) à le recherche du "À qui profite le crime ?", on découvre surtout l'envers du décor, la vie de la star, son enfance difficile, la mort de sa mère, la "perte" de sa voix, la relation conflictuelle avec son père (compositeur et chef d'orchestre lui aussi), ce don exceptionnel pour la musique, ses premiers succès en tant que chanteuse, l'argent, la gloire, le luxe, mais aussi la solitude, la déconnexion de la réalité, les caprices, la déshumanisation, la séduction, la proximité de parasites, la magnifique prison tout en verre ouverte sur le monde tout en y étant hermétique. C'est l'autopsie de la vie d'un ange fauché en pleine gloire qu'exécute l'auteur avec ce roman, tout en restant dans les frontières du policier. Autre point intéressant du livre, Sybille et Anouk, jeunes femmes de trente ans, encore en construction, en soumission (elles sont de corvée le 24 décembre au soir parce qu'elles sont jeunes et femmes) qui hésitent, par un réflexe d'autodéfense inconscient de leur innocence, à s'accomplir complètement, à s'assumer adultes, sont justement confrontées à l'accomplissement d'une femme, une artiste qui à réussi par réaction à son enfance, qui a tout, peut tout exiger, mais qui ne retrouvera jamais son innocence tout en ayant gardé son âme d'enfant. Et le meurtrier, lui ? Qui est-il ?

Citation

Vous savez, elle avait à peu près quatre ou cinq ans au moment de l'accident et elle était avec sa mère lorsque la voiture s'est encastrée dans le mur. Il paraît que les secours ont mis plus de trois heures pour découper la tôle et sortir la môme de l'habitacle. Et que pendant ces trois heures, elle n'a jamais cessé de hurler pour qu'on vienne la tirer de là. Quand ils l'ont récupérée, ses cordes vocales s'étaient brisées. De là cette voix qui a fini par faire son succès.

Rédacteur: François Legay mercredi 13 septembre 2017
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