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dimanche 18 août

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Roman - Policier

Le Vent l'emportera

Écologique - Assassinat - Complot MAJ mardi 31 octobre 2017

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Gunnar Staalesen
Vi skal arve vinden - 2010
Traduit du norvégien par Alex Fouillet
Montfort-en-Chalosse : Gaïa, septembre 2017
272 p. ; 24 x 15 cm
ISBN 978-2-84720-792-7
Coll. "Polar"

Tempête écologiste au pays de fjords

Comme les autres aventures de Varg Veum, le détective ancien de la Protection de l'enfance, celle-ci est narrée à la première personne par l'intéressé. Elle débute par le spectacle de l'agonie de Karin Bjørge, sa compagne et collaboratrice. Puis nous revenons en arrière, en 1998, où Karin lui demande de rechercher Mons Mæland, mari de son amie Ranveig. Bien que spécialisé dans les jeunes fugueurs, il accepte. Il apparaît vite que Léa, la première femme de Mons, a elle aussi disparu quelques années plus tôt, lui laissant deux enfants, Kristoffer et Else. Mons est un homme d'affaires particulièrement intéressé par les énergies renouvelables et les éoliennes. Il a d'ailleurs acheté un terrain, sur une île voisine, sur lequel il compte créer un parc d'éoliennes. Mais on apprend par Kristoffer que son père est sur le point de lui céder la direction de l'entreprise et qu'un écologiste du nom d'Ole Rørdal, ennemi farouche des éoliennes, l'a convaincu de renoncer à son projet. Else, étudiante, est à fond contre le projet, elle aussi, ce qui l'oppose à Kristoffer, et n'aime guère Ranveig, sa belle-mère. Peu après, Mons est retrouvé... crucifié sur une immense croix. Puis, c'est Stein Stueland, l'un des opposants au parc, qui est à moitié étranglé. Stine Sagvåg, l'avocate d'un grand groupe qui veut maintenant investir dans le développement durable, fait alors une offre d'emploi à Veum pour enquêter sur la légalité de l'achat du fameux terrain. Peu après cela, il fait l'objet de menaces. Puis les affaires de famille se compliquent, à la lumière du passé. L'enquête, elle, va finalement révéler un beau panier de crabes – c'est la loi du genre – dans lequel intérêts matériels, idéologie et amour entrent à parts assez égales. Et Varg devra en payer les pots cassés, au moins par procuration. Mais il restera en assez bonnes forme, malgré l'âge qui ne joue pas en sa faveur, pour repartir vers de nouvelles aventures. Tant mieux pour nous.
Au total un livre d'une longueur raisonnable (à la différence des pavés que nous assènent ceux qui n'ont pas grand-chose à dire), qui se lit avec facilité, maintient un suspense tempéré (sans jouer sur lui à chaque page, voire paragraphe) et sur lequel plane comme toujours l'humour discrètement (auto)sarcastique de son auteur. Son grand mérite est de nous montrer que l'écologie elle-même n'est pas exempte de tout conflit, totalement vertueuse et gage de paix. N'assiste-t-on pas par exemple, à un impressionnant "attentat écologiste" (non, pas écologique tout de même, il ne faut pas exagérer) ? Ce n'est peut-être pas une première – ni dans la réalité, ni dans la littérature - mais cela fait réfléchir.

Citation

Je me retrouvais seul avec les quatre statues [du palais de Justice] : la force, avec une colonne dans la main, prête à intervenir ; la tempérance avec sa carafe de vin en guise de consolation quand le procès était perdu en dernière instance et qu'il n'y avait plus aucun raison d'être abstinent ; la justice, avec sa balance et son glaive, la balance dans laquelle les avocats mesuraient leurs contributions en pièces d'or et le glaive avec lequel ils frappaient ceux qui osaient contester leurs calculs ; et, tout à l'est, la sagesse, avec un serpent et un livre, empoisonnée par la connaissance, manifestement.

Rédacteur: Philippe Bouquet mardi 31 octobre 2017
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