Père de sang

L''événement', l'Autre ont toujours été là. À attendre sur le point du cercle. Et c'est moi, nous, toute la Norlande, qui allions à la rencontre de ce point sans le savoir et sans pouvoir l'éviter.
Jérôme Leroy - Norlande
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Roman - Noir

Père de sang

Social - Drogue MAJ lundi 09 novembre 2009

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Peter Craig
Blood Father - 2005
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuel Pailler
Paris : Rivages, octobre 2009
352 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-2015-8
Coll. "Thriller"

Les deux faces du rêve américain

Link est un hell's angel et fier de l'être. Il a cru dans toutes les vertus anarchistes de cet "ordre" criminel. Pour son chef, il a accepté de tuer et même de se taire. En prison, Link a su survivre et a développé son goût pour le tatouage. Sorti de prison, il est devenu un tatoueur artiste et s'est inscrit aux Alcooliques Anonymes. De son passé, il se souvient d'une femme de caractère avec laquelle il a eu une fille, Lydia. Ils se sont séparés mais il a gardé le contact avec cette fille, essayant de partager des informations et son amour. Lors de rares rencontres il s'est violemment pris à partie avec la mère car cette dernière droguait la fille de calmants pour s'assurer une vie sociale sereine. Lydia a grandi dans un foyer sans amour et elle a connu les dérives classiques de son âge : elle se drogue, tente de se suicider, fait des fugues. Mais son dernier écart risque de lui coûter cher : elle s'est mise en ménage avec Jonah. Ce jeune promoteur immobilier est en fait la cheville ouvrière des gangs sud-américains. Il se sert des maisons qu'il loue pour les prêter à de jeunes proies innocentes. Ces dernières servent à faire croire que les locataires sont banals citoyens estampillés de american way of life alors que ces maisons sont des entrepôts pour les drogues ou les masses d'argent qui attendent de partir pour les centres de blanchiment.
Jonah est une enflure et s'il dit aimer Lydia, il compte s'en servir comme d'autres pour détourner les soupçons de ses chefs sur ses propres détournements. Au cours d'une expédition punitive, il désire s'assurer la loyauté de Lydia et il lui demande de tuer un revendeur. Effrayée la jeune femme abat son amant et s'enfuit. Recherchée par la police, elle ne voit qu'une solution : appeler à la rescousse son père.
Peter Craig signe là un premier roman du moins dans sa traduction française. L'intrigue, dont nous venons de raconter le début de manière linéaire, est décrite par flashbacks mélangeant les périodes dans le roman. La sauce prend bien et les actions passées et présentes s'éclairent les unes les autres avec bonheur. On retrouve dans ce roman une écriture comparable à ce que Tarantino exprime dans ses films : des moments de calme et de quasi bonheur (certes avec des personnages qui prennent le temps de s'envoyer dans le nez ou les veines la consommation annuelle d'un trader normal) qui soudain virent au cauchemar et à la violence forcenée, quasi gratuite.
Les scènes de prison sont étrangement les plus apaisées et le roman se conclut en un final halluciné. Aucun des personnages n'est montré sous un bon jour mais dans sa complexité (Lydia est en fuite, protégée par son père mais ne peut s'empêcher d'aller draguer des motards qui l'emmènent en virée alors qu'elle est en pleine cavale !). L'auteur parvient à montrer par petites touches que l'univers feutré de la normalité n'est pas plus doux que celui de la criminalité, que tout ceci n'est que l'autre face d'une même société, où l'argent, le pouvoir et la corruption luttent contre l'honneur (même dans ses conceptions les plus étranges) et la rédemption.


On en parle : La Tête en noir n°141

Citation

J'ai de nouveaux amis, un nouveau chez-moi et tous mes petits rêves. Papa aurait été content (...) En fait je suis la pétasse la plus increvable que t'aies jamais vue

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 06 novembre 2009
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