Leona, la fin justifie les moyens

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Roman - Policier

Leona, la fin justifie les moyens

Braquage/Cambriolage - Chantage - Trahison MAJ lundi 27 novembre 2017

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Jenny Rogneby
Traduit du suédois par Lucas Messmer
Paris : Presses de la Cité, mars 2017
460 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-258-14270-1
Coll. "Sang d'encre"

À traître... traître et demi

L'inévitable prologue montre un homme traqué mettant fin à ses jours à l'explosif. Puis les quatre-vingt-douze chapitres (mazette !) sont (essentiellement) narrés à la première personne par Leona Lindberg, inspectrice à la brigade criminelle de Stockholm, soumise à un examen psychiatrique pour "tendances psychopathiques" et ancienne addiction au poker. Elle a réussi à mettre sur le dos de son supérieur des délits commis par elle-même (apparemment suite à la démarche inverse). Mais celui-ci l'a fait placer sur écoutes et exerce un chantage sur elle. Depuis la mort de Benjamin, son fils, elle est séparée de son mari, mais a encore une fille, Beatrice, cinq ans. L'action démarre quand sa supérieure, Alexandra, la charge d'enquêter sur le kamikaze qui s'est fait exploser devant la Chambre des députés, délicate affaire dépassant de beaucoup ses compétences mais qu'elle ne peut refuser. Elle se rend donc au chevet de Fred Sjöström, l'auteur de "l'attentat", ancien soldat de la Légion étrangère, qui a survécu à son acte suicidaire (mais y a laissé ses deux jambes), est atteint d'un cancer du pancréas à un stade avancé et ne veut parler qu'à elle. Elle profite de son statut de policière pour donner des cours (payants ! Un véritable coaching) à d'anciens délinquants et leur propose de se tenir par un chantage réciproque : elle leur confiera certains secrets sur son passé criminel pour équilibrer ceux qu'elle connaît sur leur compte. Discrétion mutuelle assurée ! Seule condition mise à la collaboration : pas de drogue, ni de violence. Elle se constitue ainsi une belle petite bande : Vikki Dimberg, jeune braqueuse paumée ; Johnny Timmer, tout juste sorti de prison ; Ken Öberg, qui y est encore, lui, et surtout Danny Lind, boxeur noir et indic à qui Simon Hall, le "boss" de Blood Family, a demandé de convoyer une voiture bourrée d'armes de Copenhague à Stockholm. Après les cours magistraux, place aux travaux pratiques. On organise d'abord un "petit" casse dans une bijouterie pour tester les aptitudes de chacun. Malgré un grain de sable imprévu, comme toujours, la petite bande s'en tire avec les honneurs et peut envisager le gros coup. Mais les événements se précipitent, perturbant les plans établis et renversant les rôles jusqu'à une vraie partie de colin-maillard dans laquelle le lecteur perd un peu pied.
Les "Ripoux", ce n'est pas particulièrement nouveau. L'originalité, ici, c'est que le point de vue est inverse et que la police ne profite plus seulement du crime, mais l'organise en quelque sorte et que l'héroïne en fait profession. Pourtant, le plus original réside dans la forme et la narration, menée tambour battant, sans fioritures, dans un style dru et avec le cynisme humoristique peu courant que permet cette piquante situation. Disons que la forme l'emporte sur le fond, et que l'ensemble se lit bien, même si certains passages font l'effet d'un manuel du parfait petit (ou gros) délinquant (certifié conforme par la police !). D'aucuns ne trouveront pas cela très moral. Mais toutes ces "recettes" sont bien connues des vrais malfrats, elles sont simplement codifiées. Le crime est ici censé mettre fin au crime en le rendant inutile pour ses bénéficiaires et donc œuvrer pour la légalité. Point de vue original : "ça eût payé", disait jadis un humoriste.

Citation

Si vous écoutez attentivement, vous pourrez gagner tellement d'argent d'un seul coup que vous n'aurez même plus besoin de commettre des crimes et que vous pourrez vivre dans la légalité.

Rédacteur: Le Huron svécomane lundi 27 novembre 2017
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