Comme un chien

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lundi 17 juin

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Roman - Thriller

Comme un chien

Social - Vengeance - Artistique MAJ mardi 16 janvier 2018

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Lucky McKee & Jack Ketchum
The Secret Life of Souls - 2016
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Nicolas Jaillet
Paris : Bragelonne, septembre 2017
280 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 979-10-93835-38-9
Coll. "Thriller"

Carcan médiatique

J'y suis allé à reculons. Un de mes anciens amis, spécialiste du gore et du roman qui "déménage sa mère", m'avait longuement vanté le bonhomme. Jack Ketch, c'est le surnom que l'on donnait aux bourreaux américains (en hommage à l'une de leurs victimes) et Ketchum, c'est Ketchup, mais sans le dire, du fait du sang.. Bon Lucky McKee est un pote à lui qui a produit des adaptations filmographiques de l'œuvre du susdit. Stephen King a comparé Jack Ketchum à James Ellroy, Thomas Harris et Cormac McCarthy. Il a hésité à rajouter Baudelaire et Cthulhu, mais de peu j'imagine.
J'y suis allé à reculons et j'ai eu tort.
Comme un chien est un conte animalier. Bien noir. Comme beaucoup de thrillers modernes, ça flirte lourdement avec le fantastique mais je suis mal placé pour m'en plaindre. Le roman conte les péripéties de la famille Stork, composée de la maman, une opportuniste de première, le papa, un dilettante sans cervelle, de deux faux jumeaux, Délia et Robby, et de la chienne de la maison, Caity. Cadeau de Noël, la chienne a adopté immédiatement Délia et s'est créé entre elles deux un lien pour le moins étonnant. La chienne ressent les tourments de la jeune fille en symbiose avec elle. En retour Caity apaise Délia par sa présence et son affection. Délia est une bête de scène née depuis tout bébé, et assure les revenus de la famille par sa prestation dans des publicités diverses et bientôt dans une sitcom. Elle est coachée d'une main de fer par une mère frigorifiante d'appât du gain à tout prix. Délia subit sans rien dire, n'a aucune vie sociale, son éducation est même assurée par des précepteurs. Papa jouit de l'argent par des voitures de collection et divers gadgets. Les adultes passent leur temps à boire. Robby est jaloux de sa sœur, lui qui doit avoir une vie normale, mais son amour pour sa sœur tempère le ressentiment qu'il a vis-à-vis d'elle. Mais, il décide tout de même de lui faire une farce.
Et là, tout bascule. Heureusement Caity est là.
Loin d'en faire une simple chronique familiale, avec l'histoire d'une descente en enfer, Jack Ketchum profite de l'opportunité pour régler quelques comptes avec les abus de l'utilisation des enfants dans les médias et pas seulement par des parents cupides, mais aussi par des acteurs médiatiques ayant soif d'agrandir leur public par tous les moyens. Dans ce maelstrom d'événements chaotiques, Caity reste l'ancre de la raison quitte à prendre une décision pourtant inéluctable. L'écriture est leste, sans fioritures pour une densité d'écriture réjouissante. Il existe quelques passages dont le but m'a échappé (qu'est-ce que viennent faire des renards dans cette galère ?), mais rares et quand même sympathiques.
J'y suis allé à reculons et j'avais vraiment tort.

Citation

L'odeur de fumée. Et de quelque chose qui a brûlé et qu'il ne veut pas nommer.

Rédacteur: Jean-Hugues Villacampa mardi 16 janvier 2018
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