Faux semblants

Quand on est nègre, on n'arrive jamais à ses fins en tapant du pied et en exigeant que les autres se plient à notre volonté. Il faut réussir à gagner leur confiance et les laisser croire que tout s'est déroulé selon leurs désirs. Vous savez que vous avez réussi le jour où vous les voyez raconter dans une émission de télé qu'ils se sont levés deux heures avant leurs enfants tous les matins pour pouvoir écrire en paix. À ce stade, ils sont persuadés d'avoir rédigé le livre eux-mêmes et que vous avez simplement corrigé l'orthographe et la ponctuation.
Val McDermid - Lignes de fuite
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 26 juin

Contenu

Roman - Policier

Faux semblants

Psychologique - Tueur en série MAJ jeudi 12 novembre 2009

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Public averti

Prix: 15 €

Guillaume Fortin
Le Plessis Robinson : Le Polar, octobre 2009
204 p. ; 21 x 13 cm
ISBN 978-2-35568-048-9
Coll. "Policier"

Fort et cinglé...

PJ de Marseille : l'Évêché. Un meurtre à connotation sexuelle vient d'être commis. Horrible. Le mort a été violé avec une matraque avant d'être éviscéré. Sur les lieux du crime, le commandant Marquez ironise. Une vraie ordure raciste, homophobe, macho et dépravé à souhaits sous ses airs (presque) bon enfant. Là, il s'en donne à cœur joie : un travelo, vous pensez… Le milieu de la prostitution masculine est immédiatement suspecté. Le commissaire, fraîchement débarqué de Paris, demande de l'aide à une psy. Le crime témoigne en effet d'une personnalité pour le moins perturbée. Elle accepte. Non sans réticence. Mais bientôt ses confidences sur l'oreiller donnent à penser que l'un de ses clients, jeune travesti schizophrène, pourrait bien être sinon le tueur, du moins un témoin capital de l'enquête. Qui piétine. Piétine aux basques du jeune travesti, marqué de près par Marquez et… la narration d'une intrigue qui paraît transparente dans sa composition, alternant les chapitres dédiés à l'enquête à ceux relevant de la psychanalyse du travesti.
De meurtres en meurtres, la conviction du lecteur l'emporte donc : l'affaire est faite, à coup sûr, c'est le jeune travesti. Pas si certain néanmoins, et l'auteur de nous dérouter en éclairant la personnalité d'autres personnages, plus retors. Comme Marquez, protagoniste sans vergogne d'une communauté déliquescente. Ne s'envoie-t-il pas en l'air avec ces mêmes travestis aux frasques desquels il ne cesse d'aboyer ? Carbure au Viagra, le commandant Marquez. Des érections incontrôlables. Et si c'était lui le coupable ? Glabre comme le tueur à ne jamais laisser un poil sur la scène du crime. Le doute surgit, alors que le commissaire tâtonne ou s'embarque dans une dernière fausse piste. De superbes enchaînements de l'action, une intrigue nouée au cordeau et de véritables moments d'anthologie, comme cet interrogatoire, pure merveille psychotique. Un polar assuré, fort et cinglé, écrit avec une précision chirurgicale et dans un style d'une rare efficacité.

Citation

Les chewing-gums, ça se mérite.

Rédacteur: Joël Jégouzo mardi 10 novembre 2009
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page