Le Diable s'habille en licorne

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vendredi 23 février

Contenu

Roman - Policier

Le Diable s'habille en licorne

Religieux - Assassinat - Procédure MAJ lundi 12 février 2018

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Stanislas Pétrosky
Paris : Lajouanie, février 2018
216 p. ; 19 x 13 cm
ISBN 978-2-37047-090-4
Coll. "Roman policier, mais pas que"

Si tu vas à Dunkerque...

... n'essaie pas de monter là-haut parce que tu n'y verras pas la statue du Christ Rédempteur. En revanche, en redescendant, tu pourrais bien y croiser Estéban Lehydeux. Surtout si tu tiens un bar à bières ou si t'es une gerce bien carrossée. Car maintenant que t'as pris l'habitude de le suivre en pèlerinage, tu sais bien que Requiem a le gosier en pente et le goupillon bien agité. Il revient pour une troisième aventure et cette fois c'est dans les Hauts-de-France, en plein carnaval. Paraît que dans ce joli coin, y a pas que des ch'tis. Peuple réputé comme accueillant, d'accord, mais l'hospitalité a également ses limites. Remarque que là on cause pour causer car l'invité, si c'est bien lui, quand il se pointe, il demande pas l'avis du proprio pour prendre possession des lieux. C'est ce qu'on appelle un squatteur. Sauf qu'un squatteur, il n'est pas connu et t'as pas envie de le connaître. Lui non plus, t'as pas envie de le connaître... mais tu ne connais que lui. C'est le Démon. Et, crois-moi, c'est pas parce que c'est le carnaval qu'il est venu danser une salsa. Il s'en est pris à une môme, une lycéenne, fille de bonne famille catho qu'en a trépassé l'arme à gauche. Dans les relations du pater de l'adolescente défunt, y a comme qui dirait le supérieur de Requiem. C'est pour ça que ton cureton préféré ramène ses os et enquête. Parce qu'il a beau avoir embrassé la carrière d'exorciseur par vocation, la présence du Malin, il y croit guère, le père Estéban. D'autant, que depuis peu, une sorte de bombèque a fait son apparition. Le Dragibus c'est en forme de boule. Là, ça ressemblerait plutôt à une corne. Une corne comme celles qui pointent sur le front de cet animal pour conte. Une licorne, comme qui dirait !
Avec ce troisième opus, Stanislas Pétrosky enfonce le clou (pardon, Seigneur) de son hommage au boss, le génialissime et regretté Frédéric Dard dit San-Antonio, certes, mais il semblerait que l'élève s'émancipe quelque peu. Toujours les mêmes intentions, louables, de divertir, de déconner, de soulager, le temps de quelques pages, les soucis du lecteur, toujours le goût de la vanne, du calembour, des situations décalées, toujours les mots et expressions argotiques, toujours aussi une façon d'entrer en résistance en sortant de ce putain de politiquement correct de merde de chiasse de... mais aussi une envie de développer réellement son propre univers, ses propres personnages (Régis Labavure, représentant des forces de l'ordre, is back), leurs blases qui ne sont pas sans rappeler des gens connus de l'auteur que vous pouvez connaître aussi si vous connaissez l'auteur ou si vous connaissez des gens qu'il connaît ou si vous connaissez d'autres auteurs des éditions Lajouanie, ses private joke, ses clins d'yeux (alternés) au cinoche, un style un peu plus direct, moins digressif que son glorieux aîné, et davantage l'envie que dans les précédents (quoique dans le deuxième romans Dieu pardonne, lui pas ! c'était déjà le cas) de nous raconter une histoire qui lui tient à cœur plutôt que de remercier celui qui lui a transmis le virus de l'écriture. Bref, cher Stan, je ne peux que t'encourager à continuer de commettre tous ces péchés littéraires pour lesquels tu n'auras jamais, j'espère, à expier. Ou alors en pondant un roman qui te vaudra le Goncourt. Ce qui, personnellement, me fera bien rigoler aussi.

Citation

Tu n'es peut-être pas croyant toi qui me lis, et je m'en cogne. Oui tu as bien lu, que tu croies ou non en l'existence du Patron m'en caresse une sans réveiller l'autre, c'est pour te dire. Ma pomme elle respecte tout le monde, que tu croies en une forme divine, un Alien, la suprématie des fourmis, en celle de ta biroute, de Godzilla, je m'en fous...

Rédacteur: François Legay mardi 06 février 2018
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