L'Enfant ultime

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Contenu

Roman - Policier

L'Enfant ultime

Fantastique - Géopolitique - Finance - Complot MAJ mardi 19 juin 2018

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Jang Yong-min
Traduit du coréen par Daniel Glory, Minwon Seo
Fuveau : Decrescenzo, mars 2018
402 p. ; 22 x 15 cm
ISBN 978-2-36727-064-7
Coll. "Polar"

Boule naïve de cristal

Simon Ken, agent du FBI, a perdu sa femme lors des attentats du 11-Septembre, et depuis il traîne sa misère. Pourtant, dix ans plus tard, il reçoit une lettre qui lui annonce que des meurtres vont avoir lieu. Or il découvre que l'expéditeur de ces lettres, un Coréen, est mort des années plus tôt. Quand en plus, il scrute attentivement la lettre qu'il a reçue et que cette écriture ressemble étrangement à celle d'une lettre trouvée dans le sac à main de sa femme disparue. L'agent Simon Ken parvient alors à retrouver la trace de la veuve de ce correspondant anonyme. Peu à peu, elle lui raconte comment elle a rencontré ce Coréen et comment il a changé sa vie. Visiblement, ce brave jeune homme était capable de prévoir le futur. Coincé par une organisation secrète qui utilisait ses services pour devenir les maîtres de la finance, donc du monde, il a préféré se suicider. Mais peut-être sa fille possède-t-elle les mêmes pouvoirs ? Simon Ken va tenter pister les mystérieux chefs de ce conglomérat dangereux, mais il doit agir vite car, depuis sa tombe, le Coréen avait planifié la destruction de ses ennemis...
Jang Yong-Min a commencé comme scénariste de films, et cela se ressent fortement dans son écriture et son traitement. Il tient en parallèle plusieurs intrigues. Nous allons donc suivre l'enquête de Simon Ken, un agent du FBI, les manœuvres des "méchants" comploteurs, la tentative de retour du Dalaï-Lama en Chine - ce qui crée des tensions politiques dont les comploteurs veulent se servir pour se faire encore plus d'argent. L'écriture est rapide, et la visite à la veuve permet de nombreux flashbacks explicatifs assez ternes. De plus, l'idée même que le Coréen qui s'estsuicidé puisse connaître le futur et le contrôler enlève une grande partie du suspense, ce qui ôte également une partie du sel de l'intrigue. L'idée d'humains connaissant le futur (mais uniquement le futur de leur période de vie), et qui naissent régulièrement, avec des signes distinctifs fait songer d'ailleurs au mode de désignation des grands maîtres liés au Dalaï-Lama. En contrepoint, la partie géopolitique avec le Dalaï-Lama apôtre de paix et les comploteurs qui entendent créer une guerre mondiale pour continuer à asseoir leurs bénéfices et surtout abaisser la puissance arrogante de la Chine (qui refuse d'accepter leur vision capitaliste du monde au lieu de s'y associer !) comporte surtout l'intérêt de présenter un président américain quelque peu belliciste (ce qui en 2013, année de la parution originale était une prémonition facile mais intéressante) n'est évoquée que sous un angle un peu naïf. Curiosité plus par l'origine de ce roman entre polar et SF que véritable découverte intellectuelle stimulante, L'Enfant ultime est une bonne introduction pour un lecteur lambda, mais que l'amateur "éclairé" verra surtout les défauts de ce texte trop léger et généraliste pour plaire à un fan de polar ou de SF.

Citation

Le destin est-il vraiment immuable ? Alors à quoi sert-il de faire des efforts pour avoir une vie meilleure ?

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 19 juin 2018
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