Bouncer. 11, L’Échine du dragon

Quand ma vision s'éclaircit et que la douleur s'atténua un peu entre mes jambes, je réussis à distinguer deux pourritures de flics, c'est aux godasses qu'on les reconnait ces enfoirés.
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Bande dessinée - Western

Bouncer. 11, L’Échine du dragon

Road Movie - Trahison MAJ vendredi 31 août 2018

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

François Boucq (scénario & dessin)
François Boucq (coloriste)
Grenoble : Glénat, mars 2018
80 p. ; illustrations en couleur ; 32 x 24 cm
ISBN 978-2-344-02772-1
Coll. "Grafica"

Opposition de styles

Depuis ses débuts en 2001, il en a fait du chemin le videur du saloon L'Infierno de la série "Bouncer". L'Échine du dragon est le onzième volet de son aventure douloureuse. Cette échine n'est autre que la paroi d'un cratère de météorite abattu en plein désert dans lequel est enterré l'or de Maximilien, l'éphémère empereur du Mexique. Tout débute justement dans une prison du Mexique où le Bouncer, ses hommes et un officier français sont enfermés. Pendant ce temps, El Cuchillo est parti à la recherche du trésor avec une imposante comtesse qui doit lui ouvrir les portes des plus grandes cours d'Europe. Les hommes qui partent à la recherche d'un mystérieux trésor reviennent rarement. Cet épisode scénarisé et illustré par Boucq ne dérogera (presque) pas à cette sacro-sainte règle. Peut-être parce que le personnage d'El Cuchillo est trop sombre alors que celui du manchot est à ranger du côté des justes. Toujours est-il qu'à travers ces quatre-vingts pages hautes en couleur qui nous plongent dans un western crade où tous les coups sont permis et où l'on n'est jamais mieux trahis que par deux fossoyeurs, les rencontres et les rebondissements sont nombreux. El Cuchillo est un personnage retors et fourbe qui n'hésite pas à assassiner ses acolytes. Surtout lorsqu'il se retrouve en pleine perdition. La clairvoyance n'est assurément pas l'un de ses traits de caractère. Il va être en perdition en même temps qu'en terrain inconnu et hostile. C'est tout d'abord un canyon gémissant puis un désert de sel et enfin des grottes qui abritent une peuplade retirée d'Amazones (on n'échappera pas au rituel sacrificiel du mâle après fécondation selon une tradition toute mante religieuse). Alors que l'un ne bénéficie pas de l'aide d'un ami (c'est le retour de crosse de la trahison à outrance), l'autre peut compter sur la petitesse de ses amis (question taille s'entend) pour s'en sortir. D'ailleurs, c'est bien cette opposition qui caractérise cet album : on a toujours une confrontation entre un élément bénéfique et un élément maléfique sans pour autant verser dans un manichéisme qui aurait pu être de circonstance. Pendant toute cette aventure, l'ombre menaçante d'un individu aux ongles qui sont des rasoirs enduits de venin de crotale plane. Dans le même temps, Onagro, le cheval du Bouncer, est toujours là où il faut au meilleur des moments. Et dans ce western tragique, comme les événements sont absurdes et que le Bouncer ne cesse de s'en faire l'écho, l'aide au détour d'une crevasse peut venir d'une chèvre aussi bien que de Yin Li, la femme chinoise dont le Bouncer est amoureux. Et puis il y a cet étrange Suisse féru des mécanismes d'horlogerie. Étrangement, la fin de l'album fait songer à la fin de la série. Mais comme des questions restent en suspens, et que le Far West est toujours aussi dangereux, des rebondissemnts ne sont pas à écarter.

Citation

Vous avez raison, il sème les cadavres derrière lui comme le Petit Poucet sème les cailloux. Peut-être sommes-nous dans un conte de fées morbides.

Rédacteur: Julien Védrenne vendredi 31 août 2018
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