Styx Station

Je pousse un soupir en réalisant que, cette fois, je n'échapperai pas à la pratique de la magie. Or, par tous les diables, je déteste la magie. Le tralala que réclame un simple sort m'exaspère. Baragouiner une formule stupide, en latin si on a de la chance, en égyptien antique, en sanscrit, ou en araméen le reste du temps, choisir les ingrédients appropriés dans une liste aussi longue que l'aurait été la muraille de Chine si ses constructeurs ne s'étaient pas montrés fainéants, se souvenir de la gestuelle qui correspond au sort, gestuelle évidemment ridicule, et, pour finir, courir le risque que, pour une raison tordue, le sort ne fonctionne pas.
Pierre Bottero - A comme Association. 2, Les Limites obscures de la magie
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mardi 11 décembre

Contenu

Roman - Espionnage

Styx Station

Politique - Historique - Social MAJ lundi 17 septembre 2018

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

John C. Patrick
Styx Station - 2018
Paris : Kyklos, août 2018
416 p. ; 20 x 14 cm
ISBN 978-2-918406-38-9

Espion, lève-toi

1962. Pendant ce que l'on appelle pudiquement "les événements", la France procède au test d'une bombe nucléaire en territoire algérien. François Alessandro et Mohamed Ag Assayas sont soumis aux radiations et mis au secret à l'hôpital militaire Percy pour être les objets de diverses expériences visant à améliorer la médecine nucléaire grâce à ces "Irradiés de la République". Le tout bien entendu sous le sceau du secret. Mais ce n'est qu'une des affaires que doit traiter Philippe Reuben, l'homme des services secrets. Car bien des gens voudraient faire assassiner mon général, soit de Gaulle, toujours au pouvoir, à commencer par les sbires de l'OAS. Et déjà, un certain Ben Barka commence à déranger les manigances de la France gaulliste. Sans compter le soutien de la CIA aux néo-fascistes italiens au nom de la lutte contre le communisme et les marigots de la françafrique...
Jusqu'où faut-il remonter pour que l'on puisse parler de roman historique ? Cette suite de Moïra, que l'on avait plutôt bien aimé, s'attaque donc à réécrire l'Histoire avec un grand H des années 1960 à l'aune de la petite, même si la documentation est solide. Et là où l'oncle Sam passa des décennies à réécrire la défaite du Vietnam par cinéma interposé, John C. Patrick se base sur des vérités restées longtemps cachées sous le tapis... En fait, outre son côté documenté, il s'agit d'un roman d'espionnage presque classique, quoique dépourvu de son pendant propagandiste, genre où peu importe si le lecteur bombardé d'informations ne comprend pas tout. L'essentiel est de produire ce vertige qui naît de l'impression de toucher du doigt des vérités qui échappent au grand public, et en ce sens, le contrat est parfaitement rempli. L'absence de linéarité du récit fait parfois penser au trop méconnu film Les Patriotes d'Éric Rochant, même s'il s'agissait là du Mossad. Le tout avec une langue sèche, dégraissée, documentaire qui frôle parfois l'austérité. Mais il y a longtemps que les amateurs du genre et d'histoire ont mis John C. Patrick dans leur liste d'auteurs à suivre...

Citation

Bien que ne connaissant pas l'Afrique, il était intimement convaincu que la décolonisation s'apparentait à une aimable plaisanterie. Dans l'esprit du général de Gaulle, réussir la décolonisation signifiait : "Nous devons préserver les intérêts de la France. Partout dans les anciennes colonies de l'ex-AOF et AEF, à la fin de 1960, les dirigeants africains exerçaient le pouvoir sous le regard paternaliste et intéressé de la France.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 17 septembre 2018
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