Déraison d'État

L'homme était mort dans son fauteuil. Un masque de fibres végétales, dont la forme dessinait un cœur rouge, cachait son visage. La couleur avait passé. Deux yeux blancs, fantastiques, saillaient, grands ouverts et séparés par une cloison noire. D'une bouche en losange pendaient des filaments blancs.
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dimanche 17 novembre

Contenu

Roman - Thriller

Déraison d'État

Politique - Complot MAJ mercredi 24 octobre 2018

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 14 €

Jean-François Pré
Paris : Eaux troubles, octobre 2018
452 p. ; 19 x 13 cm
ISBN 978-2-940606-12-2
Coll. "Polar"

Une vraie affaire d'État

De fait, l'étiquette "Polar" n'est pas forcément la plus correcte pour décrire ce nouveau roman de Jean-François Pré qui lorgne plus du côté du thriller. Au centre de son histoire, deux enquêtes qui se recoupent : celle d'un journaliste qui cherche des informations sur les différentes candidats qui s'affronteront sans doute pour l'élection à la Présidence, et celle de policiers qui surveillent avec attention les manœuvres discrètes que certains conseillers du Président entretiennent avec des financiers un peu louches. Tout porte à croire qu'un événement de taille risque de se produire lors d'un grand prix hippique.
Autour de ces péripéties, le portrait d'un affairiste maghrébin, amant de la femme d'un journaliste célèbre et qui meurt en cours de roman, crée une série d'interférences qui peuvent être mal comprises et pousser les enquêteurs à s'éloigner de la vérité. Qui plus est, l'un des meilleurs amis du journaliste est un riche rentier qui, pour s'amuser, est un agent secret, une taupe capable de dévoiler bien des intrigues et qui de son côté surveille aussi les agissements de l'affairiste. Le récit va donc virevolter entre ces différents protagonistes qui tous tiennent le devant de l'histoire durant quelques instants. Une place plus importante est laissée au journaliste (peut-être parce que l'auteur a lui-même exercé cette profession) qui intervient à intervalles rapprochés pour relier les fils de l'intrigue et lui apporter un recul ironique intéressant. En ce qui concerne le suspense, Jean-François Pré aurait gagné en efficacité en serrant un peu plus sur les personnages centraux mais les intrigues secondaires et les allers-retours entre elles donnent un charme certain à l'ensemble (seul le départ de l'intrigue autour d'un viol aurait pu être escamoté sans grand dommage pour la narration et les événements futurs). Mais ces petits détails ne gâchent pas le plaisir de l'ensemble, grâce à un mélange entre une intrigue menée classiquement et un fond d'ironie agréable.

Citation

Tout a commencé comme ça. Un fait divers banal. Banalement sordide, car la banalité est induite dans le terme fait divers. Le sordide aussi est devenu banal.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 24 octobre 2018
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