Lucky Boy

La quantité de peur dans le monde était égale, et liée d'une façon inextricable, à celle du désir. Le bien et le mal, la réussite et l'échec, la lumière et l'obscurité, la vie et la mort se compensaient.
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Contenu

Roman - Noir

Lucky Boy

Social - Enlèvement - Immigration clandestine MAJ mercredi 31 octobre 2018

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Shanti Sekaran
Lucky Boy - 2016
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuelle Ghez
Milady, septembre 2018
574 p. ; 22 x 15 cm
ISBN 978-2-8112-2444-8

Adoption (il)légale

Solimar est une jeune Mexicaine qui ne peut continuer à vivre dans son village paumé du Mexique où elle étouffe et n'a aucun avenir. Elle décide donc de passer aux États-Unis. La route est, on s'en doute, dure et, entre son nouveau petit ami et les passeurs qui sont des violeurs en puissance, elle arrive enceinte dans le pays de Cocagne. De leur côté, les Patel, anciens ou descendants d'émigrés, font leur trou dans la société américaine. Ils sont heureux et de la classe moyenne, mais il reste un inconvénient à leur vie parfaite : ils n'arrivent pas à avoir d'enfants. Lorsque Solimar est arrêtée et qu'elle se trouve dans un centre de rétention, que son bébé est confié aux services sociaux puis à la famille Patel, les choses se compliquent pour tout le monde. Madame Patel est heureuse avec ce bébé, tandis que Solimar est prête à tout pour récupérer son fils, y compris coucher avec les gardiens de son centre de rétention afin de trouver une occasion de s'évader...
Telle est la trame de Lucky Boy, un roman qui n'est guère policier, plutôt roman social qui brasse de multiples thèmes sociétaux. C'est un texte éminemment réaliste qui décrit d'une part le long voyage douloureux de Solimar pour gagner le nord, pour s'installer et travailler malgré les difficultés, puis son séjour difficile dans un camp de rétention. De l'autre, nous suivons les angoisses professionnelles de monsieur Patel et les affres d'un couple qui ne peut avoir d'enfants au sein d'un groupe social et ethnique qui investit beaucoup justement dans la fondation d'une famille. Puis nous aurons la description de la famille d'accueil, ses difficultés et le procès, les événements que cela engendre (notamment des citoyens qui s'indignent de la mainmise des familles "riches" pour s'accaparer des enfants d'émigrés "pauvres") et la résolution finale. Lucky Boy, de Shanti Sekaran, est un roman qui s'inscrit dans la littérature sociale, dans une sorte de version écrite d'un film de Ken Loach qui ne prendrait pas partie mais présenterait les deux familles avec leurs raisons crédibles pour garder un même enfant. Lucky Boy en prenant son temps et en s'inscrivant dans la banalité de la vie quotidienne (même si certaines scènes présentent la dureté de la vie des clandestins) est un long roman sans beaucoup de suspense. Un roman aux portes de l'humanisme.

Citation

Il était là, devant elle, passeport en poche. Manuel lui rendrait visite le lendemain pour établir avec elle un plan d'action. Il la conduirait en Californie, promit-il, ferait tout son possible.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 31 octobre 2018
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