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Tandis que 'o Miracolo poursuivait son récit, le Libanais avait du mal à refréner ses sarcasmes. Dieu le père, Saint Michel, parchemins, occultisme... Qu'y avait-il donc de divin, de sacré et d'occulte dans une bande où, tant qu'on est faible, on s'écrase et, quand on devient fort, on prend la place de celui qui avait commandé jusqu'alors ?
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mercredi 21 novembre

Contenu

Roman - Thriller

3 minutes 7 secondes

Politique - Apocalyptique - Attentat MAJ lundi 05 novembre 2018

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 11,9 €

Sébastien Raizer
Paris : La Manufacture de livres, novembre 2018
108 p. ; 20 x 12 cm
ISBN 978-2-35887-265-2

Exploser en plein vol

Le titre de ce court récit de Sébastien Raizer fait référence au temps qu'il reste à vivre aux passagers d'un avion japonais qui est en train de survoler la mer de Chine. En effet, afin de tester leur nouvelle arme, un puissant missile, les Nord-Coréens viennent de le viser. Nous allons suivre les pensées de quelques personnages qui se trouvent dans l'avion. Ce sera en particulier le pilote de l'avion, un photographe qui achève un tour du monde, un steward aux prises avec un choix amoureux compliqué et un féru d'informatique. Les autres passagers ne seront pas au courant même de l'attaque, ignorants de la menace malgré un cri, comme notre monde aveugle et sourd, coincé dans sa propre bulle et ne voyant pas bien le poids des événements qui nous dépassent et nous écrasent.
Le récit ne s'attarde pas sur les enjeux géostratégiques, du moins pas de manière directe, car les pensées du pilote sont en même temps l'état de ses réflexions sur les rapports entre le Japon, son passé et l'état des forces actuelles dans la région. Loin de ces envolées politiques, le steward est surtout impliqué dans ses fantasmes personnels, comme sans doute une grande partie de population, pour qui la vision internationale n'est qu'une vue de l'esprit. Ses fantasmes, à l'approche de la collision entre l'appareil et le missile, deviennent de plus en plus violents et sanglants, comme un rappel de l'amour des amants de L'Empire des sens, de Nagisa Ōshima. Le photographe qui achève un tour du monde pour créer un beau livre d'art représente plus facilement l'homme occidental, réfléchissant sur son propre sort en traversant le monde. Pour lui ce voyage est aussi une occasion de voir comment un périple est une transformation autant spatiale que mentale, peut-être une préparation à la mort. En relisant ses notes écrites au début du voyage, l'auteur se rend compte qu'il ne comprend plus grand-chose à ce qu'il écrivit, tant son état d'esprit a changé. Le dernier personnage est plus contemporain : travaillant dans l'informatique, il imagine différentes façons de devenir immortel en utilisant les nouvelles ressources technologiques sans se douter que la mort se rapproche de lui, en étant elle aussi une fierté technologique.
En utilisant la destruction d'un avion par un missile (plusieurs désastres aériens ces dernières années en valident la réalité possible), Sébastien Raizer manie dans un texte court (une centaine de pages à peine) à la fois une histoire concrète vue à travers trois personnages qui vont vivre l'événement de manière différente et un récit qui pourrait être une parabole sur notre humanité. En tout cas, l'auteur prouve ainsi qu'il est capable de décrire la noirceur du monde en de gros "pavés" trilogiques captivants comme en ramassant son texte sur les trois minutes (et sept secondes) qui précédent la fin du monde.

Citation

Pourtant, quelque désespéré et insignifiant que fut son geste, Sagawa était persuadé qu'il était le plus noble qui soit.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 05 novembre 2018
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