L'Affaire Protheroe

Thomas passe devant les robocops humanoïdes sans leur accorder un regard. Il a déjà assisté au vidage de deux squats ouverts deux ans auparavant. Il a pu constater la retenue de certains de ces types, efficaces, sobres et aussi compatissants que leur fonction le leur permettait. Il a également vu en action un paquet de petits roquets fascistes que rudoyer des familles de Noirs faisaient probablement bander. Et lui, qui était là, à faire le comptage, à destination des hôtels concernés, de ceux qui étaient assez chanceux pour gagner un hébergement très provisoire.
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Roman - Policier

L'Affaire Protheroe

MAJ mardi 24 novembre 2009

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 5,2 €

Agatha Christie
The Murder at the Vicarage - 1930
Jean Bernard (illustrateur de couverture)
Traduit de l'anglais par Raymonde Coudert
Paris : Le Masque, mars 2008
220 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-7024-3398-0
Coll. "Agatha Christie", 114

St. Mary Mead ou un bon village anglais

Premier des treize romans dans lequel apparait Miss Marple, L'Affaire Protheroe débute dans le petit village de St. Mary Mead. Un village en apparence calme où personne ne peut se cacher des petites vieilles aux aguets du moindre cancan tapies derrière leurs rideaux. Mais cela n'empêche pas le colonel Protheroe de se faire impunément assassiner dans le bureau du pasteur. Protheroe avait donné rendez-vous au pasteur alors qu'ils déambulaient en pleine rue. Sa quasi surdité faisait qu'il parlait haut et fort. Tout le monde a donc entendu l'heure et le lieu du rendez-vous. Beaucoup de personnes auraient voulu sa peau. Sept si l'on en croit la sagace Miss Marple. Sa femme, l'amoureux de sa femme, le pasteur et bien d'autres qu'elle ne tient à dévoiler. L'inspecteur Flem et ses manières discourtoises entrent alors en scène. La femme et l'amoureux de la femme s'accusent du crime croyant que c'est l'autre qui a fait le coup. Digne d'un drame shakespearien. Au milieu de tout ça, des faits bizarres en rapport ou non font de St. Mary Mead un havre de troubles. Les commérages vont bon train alors même que chacun des protagonistes refuse de dire l'exacte vérité.
Vivre à St. Mary Mead est tout sauf une sinécure. Agatha Christie décortique ses personnages et nous montre que même le plus louable d'entre eux n'est pas entièrement franc. Avec des enquêtes parallèles et un souci intéressant de placer son lecteur dans la réalité (il est plusieurs fois fait allusion aux romans policiers, aux aventures d'Arsène Lupin et de Sherlock Holmes comme pour mieux nous faire croire que nous sommes témoin d'un véritable fait divers rapporté), Agatha Christie sème le doute et la zizanie dans une communauté faite d'usages qui cachent les vrais visages. La résolution de l'enquête grâce aux déductions et à la comparaison de cas similaires de Miss Marple reste somme toute christienne à défaut de christique. Déjà utilisée dans une des aventures d'Hercule Poirot. Miss Marple, elle, devra attendre de nombreuses années avant de repointer le bout de son nez à sa fenêtre de son cottage de St. Mary Mead.
La couverture du roman reprend l'illustration de la jaquette réalisée par Jean Bernard. Avec Protheroe sans "E" dans une édition revue et corrigée en 1991.

Citation

Je me demande quand les gens d'ici trouvent le temps de manger. À croire qu'ils prennent leurs repas debout derrière les rideaux, pour ne rien perdre de ce qui se passe dans la rue.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 23 novembre 2009
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