55 de fièvre

Je n'aime pas l'école. J'aime apprendre. J'aime découvrir, écarquiller les yeux et puis les fermer le soir plus riche qu'au matin. J'admire celui qui sait et est capable de partager son savoir. Mais je n'aime pas l'école.
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lundi 25 mars

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Roman - Noir

55 de fièvre

Historique - Social - Révolution MAJ mercredi 06 mars 2019

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

Tito Topin
Paris : La Manufacture de livres, octobre 2018
188 p. ; 20 x 14 cm
ISBN 978-2-35887-269-0

La douceur coloniale

Les années 1950 à Casablanca. Des années d'insouciance pour les Européens blancs qui vivent, à côté d'une population arabe. Les deux communautés se connaissent, certains se fréquentent, mais tous se méfient. Le sujet a été moins abordé que les "problèmes d'Algérie". Du côté indigène, l'on est exaspéré par l'attitude française et la mise à l'écart du roi. Une révolte se prépare et un groupe de "résistants" ou de "terroristes", selon le point de vue que l'on adopte, est en train de construire une bombe grâce à des explosifs volés dans un entrepôt. Pour la jeunesse masculine dorée de la ville, ce n'est pas le problème. Le problème c'est de parvenir à coucher avec une fille. C'est du moins ce que pense Georges, fils d'un couple de médecins bien en vue, lui chirurgien et elle est qui est aussi l'amante de l'un des responsables français du "protectorat". Aussi, quand Georges viole Gin, une jeune fille, qu'il est rattrapé par des Arabes qui l'ont surpris et bastonné, il fonce au commissariat et travesti quelque peu la réalité. Il dénonce les Arabes comme des violeurs en bande qui l'auraient battu pour s'approcher de la jeune femme. La victime étant dans le coma, et dans la clinique du père de son agresseur, elle est assommée par des médicaments et ne peut contredire ses dires. Pourtant, Manu, le fiancé de Gin, revenu de son service militaire, veut savoir la vérité. Comment mener l'enquête quand les passions s'exacerbent et que des groupes armés français commencent à parcourir la ville pour se faire justice sur ces Arabes violeurs ? C'est une course contre la montre que mènent également certains policiers qui n'ont pas confiance dans la parole de Georges, dans les pressions de leur commissaire inféodé au pouvoir politique, et qui savent qu'une bombe circule en ville, prête à exploser.
Tito Topin avait vingt ans (non pas dans les Aurès) à Casablanca quand les émeutes éclatèrent. S'appuyant sur ses souvenirs, ses connaissances, sur les décors qu'il a parcouru, il reconstitue à travers une intrigue haletante une page d'histoire un peu négligée. Son récit qui se concentre autour de quelques personnages emblématiques (le jeune fiancé, un policier pris entre devoir et loyauté, une femme perdue) est une évocation sensible et forte d'un monde disparu, mais qui a marqué notre Histoire. C'est la tout le talent d'un auteur qui a une longue carrière d'écrivain et de scénariste derrière lui.

Citation

Il avisa une serviette crasseuse qui pendait d'un clou rouillé, près d'un lavabo jauni que le flic utilisait davantage à pisser qu'à se laver , et il s'épongea.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 06 mars 2019
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